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Bulletin Quotidien Europe N° 11975
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POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

Six pays de l'UE lancent une initiative commune pour un prix plancher du carbone dans le secteur de l'électricité

Pour accélérer la décarbonisation du secteur de l’énergie, il faut un prix plancher du carbone dans le secteur de l’électricité, comme première étape, ont estimé tous les participants à la conférence 'Vers un prix plancher du carbone en Europe ?', lundi 5 mars à Bruxelles. L'événement, organisé à l’initiative de la France, a réuni des ministres et des représentants de groupes de réflexion (think tank), d'Eurelectric, des Verts/ALE au Parlement européen - une soixantaine de personnes en tout.

L’objectif de cette conférence, ouverte par la secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, était de mettre à contribution l'expérience d'un groupe de pays ayant déjà travaillé sur un prix plancher pour réfléchir et se coordonner en vue de lancer une discussion, au niveau européen, sur la tarification du carbone et l’amélioration du 'signal prix'.

Cette conférence a marqué le lancement d’une initiative commune de cinq États membres - Allemagne, France, Finlande, Royaume-Uni, Suède et Pays-Bas - pour lancer une réflexion informelle sur le renforcement du signal-prix du carbone.

Le système d’échange de quotas d’émission de l’UE (ETS) vient d’être réformé pour la période 2021-2030 afin précisément de faire remonter le prix de la tonne de carbone, déjà tombé à moins de 7 euros et qui se situe actuellement à environ 10 euros (contre les 30 euros envisagés au départ). Mais cela ne suffit pas : tous l'ont dit.

Un prix plancher pour compléter l'ETS. En complément de l'ETS, un prix plancher pour la production de l’électricité en Europe permettrait de réduire rapidement les émissions de l'UE dans ce secteur d'activité, sachant que la production d'électricité compte pour 20 % des émissions totales de gaz à effet de serre de l'UE.

« Nous sommes face un double défi : les émissions sont encore trop importantes dans certains secteurs et les prix souvent trop faibles pour accélérer la transition » énergétique sobre en carbone, a déclaré Mme Poirson.

Ce que la France appelle de ses vœux, c'est « une approche coordonnée parmi une coalition d’États membres volontaires » pour « créer un mécanisme garantissant un prix de 25 à 30 euros la tonne de CO2 » pour « transformer les priorités des investisseurs ». Cela, « sans attendre 2025, voire 2030 ».

« Nous savons tous que l'ETS ne fonctionne pas. Nous n'avons pas attendu que la hausse du prix du carbone se produise d'elle-même, nous sommes intervenus, nous avons fait preuve de volonté politique. Mais l'ETS ne couvre qu'une petite partie des émissions de CO2 », a fait observer le ministre finlandais de l'Environnement, de l'Énergie et du Logement, Kimmo Tillikainen.

Le secrétaire général de Eurelectric, Kristian Ruby, est sur la même ligne. « Il faut un cadre cohérent pour que nos entreprises puissent investir », a-t-il renchéri. Et de plaider pour l’électrification des transports, afin que toutes les émissions soient couvertes par l'ETS.

« Le prix plancher peut être une solution provisoire jusqu'à ce que l'ETS devienne efficace », a estimé Laurence Tubiana, ancienne ambassadrice de France pour les négociations climatiques de la COP21 et actuelle présidente de la European Climate Foundation, qui a modéré le débat.

« Un signal de prix plus fort est nécessaire, si nous voulons respecter l'Accord de Paris », a martelé la secrétaire d'État adjointe à l'Environnement du Royaume-Uni, Therese Coffey, qui a plaidé pour une taxe sur les combustibles fossiles et pour une coordination de la politique en matière de prix du carbone, malgré le Brexit.

Un représentant du groupe de réflexion Sandbag a présenté le cercle vertueux du prix plancher et fait l'éloge du cas du Royaume-Uni, pays où les émissions de CO2 liées au charbon ont connu une baisse de 84 % depuis l’introduction d’un prix plancher du carbone.

La secrétaire d'État suédoise, Eva Svedling, a insisté, pour sa part, sur l'opportunité que représente 2020 pour revoir les ambitions à la hausse et a insisté sur l'importance de mesures additionnelles.

Le directeur général allemand à la Politique climatique, Karsten Sach, a fait observer que, « dans le contexte actuel, un prix plancher profiterait davantage à la France qu’à l’Allemagne, étant donné que l’Allemagne a décidé de se détourner du nucléaire et se trouve, pour le moment, dépendante du charbon ». (Aminata Niang avec Mathieu Solal stage)

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