L’Union européenne et l’OTAN ont adopté, mardi 5 décembre, de nouvelles actions afin de renforcer leur coopération, à la suite de la déclaration signée en juillet 2016 à Varsovie.
Dans une déclaration conjointe, les deux organisations annoncent 34 nouvelles mesures à mettre en œuvre. Ces initiatives « constituent d'autres actions concrètes pour la mise en œuvre de la déclaration commune élaborée conjointement par l'UE et l'OTAN, notamment de nouveaux thèmes tels que le contre-terrorisme, les femmes, la paix et la sécurité », précise le Conseil de l’UE dans des conclusions adoptées en parallèle.
Ces mesures concernent la lutte contre les menaces hybrides, la cybersécurité et la cyberdéfense, les communications stratégiques, la coopération opérationnelle « y compris maritime », le renforcement de la résilience et des capacités en matière de défense et de sécurité ou encore de renforcement du dialogue entre l'UE et l'OTAN.
Les deux organisations entendent notamment examiner les possibilités d'échanges réguliers d'informations entre leurs services sur la lutte contre les menaces terroristes, avec l’objectif de faire rapport aux Conseils respectifs d'ici juin 2018. « Dans la lutte contre le terrorisme, nous avons décidé de renforcer l'échange d'informations entre nous. Et de coordonner notre soutien contre le terrorisme pour les pays partenaires », a aussi expliqué le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, lors d’une conférence de presse conjointe avec la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité.
L'UE et l'Alliance vont aussi renforcer leur coopération en matière de cybersécurité et cyberdéfense avec pour objectif d’« améliorer la compréhension des approches suivies par les deux organisations et d'identifier les synergies potentielles entre elles, y compris les équipes existantes en matière de réaction aux incidents de cybersécurité ». L’UE et l’OTAN comptent aussi coordonner les envois de messages dans le cadre des communications stratégiques sur les menaces pour la sécurité, y compris les questions liées au terrorisme.
Elles s’engagent à étudier les possibilités de soutien logistique mutuel et de partage d'informations sur les activités opérationnelles, y compris la migration irrégulière, lorsque l'UE et l'OTAN envisagent ou mènent des activités sur les mêmes théâtres. Les services vont aussi partager « pour autant que de besoin, des informations concernant la situation en matière de sécurité dans les pays partenaires à l'est et au sud, de même qu'en Irak, en Libye et dans les Balkans occidentaux, ainsi que des informations sur la manière de soutenir ces pays et les organisations internationales concernées ». L’Afghanistan est aussi mentionné.
Avancer vers le Schengen militaire
En termes de capacité de défense, les deux parties veulent établir une coopération et une consultation entre les services sur la mobilité militaire dans tous les domaines (terre, mer, air) pour assurer une approche cohérente et des synergies entre l'UE et l'OTAN. La Commission européenne a proposé, le 10 novembre, des mesures afin de faciliter la mobilité militaire. « Déplacer nos forces et nos équipements rapidement est vital pour notre sécurité. Cela signifie que nous avons besoin de procédures pour un franchissement rapide des frontières », a insisté M. Stoltenberg, ajoutant que « l’objectif était de faire de la mobilité militaire un nouveau fleuron de la coopération OTAN-UE ».
D'ici juin 2018, un rapport sera présenté sur « les modalités d'une coopération, d'un dialogue et d'une liaison systématiques entre les services des deux organisations pour la mise en œuvre des propositions communes », souligne aussi la déclaration commune.
La déclaration est disponible à la page http://bit.ly/2zUUcPi. (Camille-Cerise Gessant)