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Bulletin Quotidien Europe N° 11901
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Économie

La Commission européenne optimiste quant à la santé de l'économie en zone euro

Les prévisions économiques d’automne de la Commission européenne, publiées jeudi 9 novembre, attestent d’une poursuite de la croissance économique dans la zone euro.

La croissance moyenne devrait effectivement s'élever à 2,2% du PIB en 2017, une estimation supérieure au taux de 1,7% envisagé au printemps dernier (EUROPE 11786). Cette tendance se confirme dans l’ensemble de l’Union européenne, puisque la croissance devrait atteindre 2,3% du PIB cette année, alors que l’institution tablait sur une hausse du PIB de 1,9% au printemps dernier. Ce rythme devrait être maintenu pour les années 2018 et 2019, pour lesquelles la Commission s’attend à une croissance respective de 2,1% et de 1,9% du PIB tant dans la zone euro que dans l'UE.

Le marché de l’emploi connaît également des résultats positifs, puisque le taux de chômage moyen dans la zone euro devrait atteindre cette année 9,1% de la population active, son plus bas niveau depuis 2009, puis 8,5% et 7,9% en 2018 et 2019. Le taux d’inflation moyen dans la zone euro, devrait, lui rester assez faible et atteindre 1,5% en 2017, 1,4% en 2018, avant de remonter à 1,6% en 2019.

Sur le front des finances publiques, le déficit en termes nominaux continuera de diminuer pour atteindre 1,1% du PIB en 2017 et, à politique inchangée, 0,8% en 2018 et 0,9% en 2019. Avec 3,1%, l'Espagne devrait être le seul pays de l'UE dont le déficit dépassera le seuil de 3% du PIB cette année, la France s'en sortant de justesse avec une performance budgétaire en dessous du seuil règlementaire (2,9% du PIB).

En 2018, tous les pays de l'UE devraient se situer dans le volet préventif du Pacte de stabilité à la faveur d'une sortie espérée de l'Espagne et de la France de la procédure de déficit excessif. Mais aucune décision ne sera prise avant le printemps 2018, lorsque les données budgétaires définitives pour 2017 seront connues.

À noter que huit États membres - la Lituanie (0,1%), le Luxembourg (0,5%), les Pays-bas (0,7%), l'Allemagne, Malte et la Suède (0,9%), Chypre (1,1%), la République tchèque (1,2%) - bénéficieront d'un excédent budgétaire, la Bulgarie se situant à l'équilibre.

La conjoncture étant favorable, l'attention des ministres des Finances se portera davantage sur la réduction de la dette (EUROPE 11899). Sur le front de l’endettement public, la tendance à la baisse se poursuit. La dette moyenne en zone euro devrait diminuer de 91,1% en 2016 à 89,3% du PIB en 2017, puis 87,2% en 2018 et 85,2% en 2019. Là encore, les écarts divergent selon les États membres. En 2017, les taux d'endettement par rapport au PIB seront les plus élevés en Grèce (179,6%), en Italie (130,8%), au Portugal (126,4%), à Chypre (103,0%) et les plus faibles en Estonie (9,2%), au Luxembourg (23,7%) et en Lettonie (39,1%).

Le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, s’est réjoui qu’« après cinq années d'une reprise modérée, la croissance européenne est entrée dans une phase d'accélération ». « Les bonnes nouvelles s'accumulent : le nombre d'emplois créés augmente, l'investissement se redresse et les finances publiques sont en voie d'assainissement », a-t-il ajouté, convaincu que le Pacte de stabilité et de croissance produit les résultats escomptés. Nuançant ses propos, le commissaire a relevé que « le niveau élevé de la dette et la faible croissance des salaires continuent toutefois de poser problème ».

Incertitude sur l'impact économique de la crise catalane en Espagne. La crise politique catalane qui sévit en Espagne aura des conséquences négatives sur l’économie nationale, que M. Moscovici a jugé toutefois « limitées » (EUROPE 11874). La croissance espagnole devrait atteindre 3,7% du PIB en 2017, puis 2,5% en 2018, cette décélération étant due à une consommation privée moindre. Début novembre, la Banque d'Espagne avait mis en garde contre les conséquences économiques potentielles de la crise catalane (EUROPE 11896).

En Espagne, le déficit public devrait être réduit de 3,1% du PIB cette année à 2,4% l’an prochain alors que la trajectoire agréée prévoit un déficit de 2,2% en 2018.

Sortie espérée de la procédure de déficit excessif pour la France. La Commission considère que la croissance française devrait rester « solide » au cours des prochains mois, pour s’établir à 1,6% du PIB en 2017, 1,7% en 2018 et 1,6% en 2019.

Sur le front budgétaire, alors que le déficit public a atteint 3,4% du PIB en 2016, il devrait passer sous la barre des 3% en 2017, à savoir 2,9% du PIB, taux qui devrait être identique en 2018.

Reconnaissant que la marge de manœuvre dont disposent les autorités françaises est « faible », M. Moscovici s'est dit confiant dans la capacité de la France, si celle-ci maintient ses « efforts », à respecter ses engagements budgétaires afin de sortir de la procédure de déficit excessif au printemps prochain.

Jeudi, le gouvernement français a confirmé « sa détermination à mettre en œuvre les mesures d’économie » inscrites dans le projet de budget 2018 pour sortir de la procédure pour déficit excessif ouverte à l'encontre de la France depuis 2009.

Une dette publique toujours élevée en Italie. Si la Commission européenne estime que la croissance italienne va, à court terme, se consolider pour atteindre 1,5% du PIB cette année, elle devrait néanmoins ralentir par la suite pour s’établir à 1,3% et 1,0% en 2018 et 2019. Cette tendance serait notamment la conséquence de l’appréciation de l’euro, qui a un impact négatif sur les exportations, et de la décélération de la consommation des ménages. Le taux de chômage devrait en revanche baisser, pour passer de 11,3% en 2017 à 10,5% en 2019.

Sur les finances publiques italiennes, le déficit devrait atteindre 2,1% du PIB cette année, puis 1,8% et 2,0% en 2018 et 2019. La dette devrait en revanche encore croître cette année et s’établir à 132,1% du PIB, soit 0,1 point de plus que l’an dernier. Pour 2018 et 2019, celle-ci devrait commencer à baisser pour revenir à 130,8% et 130,0% du PIB.

Retour de la croissance en Grèce. Alors que la République hellénique devrait finaliser avec succès son troisième plan de sauvetage mi-2018 (EUROPE 11870), l’économie grecque retrouve des couleurs. Le PIB national devrait effectivement croître de 1,6% pour 2017 (révision à la baisse par rapport au taux de 2,1% envisagé au printemps), puis de 2,5% en 2018 et 2019.

Conformément aux engagements pris dans le cadre du plan de sauvetage, l’excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) devrait dépasser 1,75% du PIB cette année et atteindre 3,5% en 2018 et en 2019. En Grèce, le marché de l’emploi se porte mieux, avec un taux de chômage de 21% en juillet, contre 23,6% un an plus tôt.

La Commission prévient cependant que tout retard dans la conclusion du troisième plan de sauvetage pourrait être préjudiciable à la reprise économique.

La dette allemande proche du seuil de 60% du PIB. La vigueur de l'économie allemande permettra à la dette publique de l'Allemagne de poursuivre sa baisse pour atteindre 64,8% du PIB en 2017 et, potentiellement, repasser sous la barre des 60% du PIB en 2019.

La croissance allemande devrait se maintenir à un niveau supérieur à 2% du PIB en 2017 et 2018, le chômage étant pratiquement inexistant à 3,7% de la population active. Côté comptes-courants, les excédents allemands seront moindres en 2017, à hauteur de 7,8% du PIB, mais toujours supérieurs au seuil de référence fixé à 6%. La Commission prône la poursuite d'une politique économique qui, en stimulant l'investissement et la consommation intérieure, permette de réduire ces excédents. 

Nouveau ralentissement de la croissance au Royaume-Uni. La croissance au Royaume-Uni devrait poursuivre sa décélération en passant de 1,8% du PIB en 2016 à 1,5% en 2017 et 1,3% en 2018.

Le niveau d'« incertitude » lié aux négociations de sortie du Royaume-Uni de l'UE continue de peser sur la croissance des investissements, a indiqué le commissaire. Il a fait valoir que l'estimation de la croissance britannique pour 2019, évaluée à 1,1% pour l'année 2019 du Brexit, était purement technique et ne préjugeait en rien le type de relations que le Royaume-Uni et l'Union européenne entretiendront à l'avenir.

 Sur le plan budgétaire, le déficit britannique devrait diminuer de 2,9% en 2016 à 2,1% du PIB en 2017 et 1,9% en 2018, tandis que la dette publique devrait passer de 88,3% du PIB l'année dernière à 86,6% cette année. Au Royaume-Uni, le chômage restera faible à 4,5% de la population active. (Lucas Tripoteau et Mathieu Bion)

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