La ministre bulgare au Développement régional, Lilyana Pavlova, a détaillé un peu plus les objectifs de la Présidence bulgare du Conseil de l’UE du premier semestre 2018 pour l’avenir de la politique de cohésion, devant les députés du groupe PPE au Parlement européen à l’occasion d’une audition sur le 7ème rapport sur la politique de cohésion, mercredi 8 novembre.
« La politique de cohésion n’est pas une politique de charité », a lancé la ministre bulgare a plusieurs reprises, insistant sur le fait que les contributeurs nets, les pays de l’Europe de l’Ouest, profitaient aussi d’un retour sur investissement via les marchés de remportent leurs entreprises dans les pays de la cohésion.
La ministre a été claire tout au long de son intervention : la politique de cohésion constitue l’une des grandes priorités de la Présidence bulgare. « Il ne peut y avoir d’avenir pour l’Europe sans politique de cohésion », a-t-elle lancé, avant de regretter que certains hommes politiques puissent remettre en question cette politique même. Pour elle, cette question ne doit pas avoir lieu. Il faut en revanche chercher à rendre cette politique plus efficace et renforcer sa valeur ajoutée.
Ainsi, la ministre a détaillé quatre grands axes sur lesquelles la prochaine Présidence bulgare du Conseil va se concentrer : - la simplification ; - les conditionnalités ; - la valeur ajoutée européenne ; - enfin, la flexibilité. Pour ce qui est de la simplification, la ministre bulgare s’est agacée de la lenteur des avancées. « Plus on parle de simplification, plus on complexifie la politique de cohésion ! », a-t-elle constaté. À ses yeux, il est nécessaire de développer des règles communes entre les fonds, un « menu unique », qui ne concernerait pas seulement la politique de cohésion, mais aussi la politique agricole.
Conditionnalité. Concernant les conditionnalités, sujet particulièrement délicat, qui crispe les régions, comme certains États membres (EUROPE 11807), Mme Pavlova a indiqué soutenir l’instauration d'un lien entre la politique de cohésion et les recommandations spécifiques de politique socio-économique par pays, mais non sans une certaine prudence. Pour elle, il est nécessaire que des critères objectifs soient développés avec les États membres, mais aussi les autorités locales. Surtout, ces conditionnalités ne doivent pas dévoyer les objectifs de la politique de cohésion, a-t-elle averti.
Mme Pavlova a aussi dit adhérer au concept de la valeur ajoutée de l'Union, ébauchée dans le document de réflexion sur l’avenir des finances (EUROPE 11818), pour évaluer l'opportunité d'agir au niveau européen. Mais elle a exprimé quelques craintes. Pour elle, la valeur ajoutée de l’Union est une notion qui reste pour l’instant très vague : « Tout peut être de la valeur ajoutée européenne, et vice versa, rien ne peut l’être ». « Nous avons besoin d’être très prudents et très précis en définissant la valeur ajoutée européenne », a-t-elle prévenu.
Flexibilité. Enfin, la ministre bulgare a mis en exergue la nécessité de flexibiliser la politique de cohésion, afin de pouvoir reprogrammer certains programmes opérationnels. Elle a dit regretter que l’on perde de vue « si souvent » l’impact des projets, leurs résultats, en « se perdant dans des détails ».
Mme Pavlova a reconnu qu’il était nécessaire d’articuler avec cohérence la politique de cohésion avec « les nouvelles priorités » politiques affichées, à savoir la gestion du défi migratoire et la sécurité. Par ailleurs, elle a insisté sur la nécessité d’aller vite et de trouver un accord avant les élections européennes de 2019 pour éviter de commencer une nouvelle période budgétaire sans accord sur le futur règlement.
La ministre a annoncé plusieurs dates importantes de la Présidence bulgare concernant la politique de cohésion. Dès janvier, une conférence thématique sur le cadre financier pluriannuel post-2020 sera organisée avec le commissaire au Budget, Günther Oettinger. En mars, un autre débat se tiendra à Sofia sur ce sujet, avec une thématique dédiée entièrement à la politique de cohésion. Début mai, un Conseil ‘Affaires générales’ consacré à l’avenir de la politique de cohésion se tiendra avant que la Commission présente sa proposition législative. Avant l'été, un événement sur l’avenir de la politique de cohésion sera organisé à Sofia en partenariat notamment avec le Comité des régions.
Sous la devise 'L’unité fait la force', qui est aussi celle la Bulgarie, les priorités de la Présidence bulgare sont les suivantes : - l’avenir de l’Union européenne (dont la politique de cohésion fait partie) ; - la solidarité et la stabilité « pour une Europe forte » ; - les Balkans occidentaux et les programmes de connectivité avec cette région (connectivité dans le secteur routier, ferroviaire, aérien, et numérique) ; - enfin, le numérique (EUROPE 11900). (Pascal Hansens)