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Bulletin Quotidien Europe N° 11901
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ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

Le groupe S&D du PE expose ses vues sur la sécurité et la défense

Le vice-président du groupe S&D, chargé des affaires étrangères, de la sécurité et de la défense, Victor Boştinaru, et le coordinateur du groupe à la commission des Affaires étrangères, Knut Fleckenstein, ont présenté, mercredi 8 novembre, la position de leur groupe sur les sujets de sécurité et de défense. Ce document, de 30 pages, fait la synthèse d’une réflexion qui s'est développée sur un an et demi et permet de « clarifier notre propre position politique dans les dimensions internes et externes », selon M. Boştinaru.

Le groupe S&D met en avant dix axes d’action. Le premier porte sur « l’UE en tant que 'puissance douce' en cours de transformation » (1). Si le S&D reconnaît que l’UE joue un rôle moteur en tant que 'puissance douce' au niveau mondial « à travers ses actions de prévention des conflits, de gestion des crises et de médiation avant que ne soit envisagé le recours aux armes », « la seule 'puissance douce' ne suffit plus à garantir la sécurité de nos citoyens ».

Pour les députés, un financement supplémentaire pour les nouvelles activités de l’UE en matière de sécurité et de défense (2) est nécessaire. Ils rappellent que les nouvelles missions « ne devraient pas être financées par des crédits budgétaires alloués à d’autres politiques », notamment ceux pour le développement. 

Il souligne aussi qu’il est « vital de renforcer (la) coopération » entre l’UE et l’OTAN (3), ajoutant que la défense territoriale relève à la fois de l’Alliance et des États membres de l’UE, « l’OTAN constituant le cadre de la défense collective ». « L’Union doit renforcer son rôle aussi bien sur le plan de la planification des capacités que sur celui des missions militaires et civiles communes », ajoute le document. Pour M. Boştinaru, il est également nécessaire d’investir dans la lutte contre les menaces hybrides et les cybermenaces.

Le groupe plaide pour une industrie de la défense plus efficace (4), souhaitant un « marché intérieur plus intégré des équipements de défense et un soutien de l’Union en faveur d’une recherche et d’un développement coordonnés » et promouvant la défense des intérêts des employés de l’industrie de la défense.

Pour le S&D, le contrôle des exportations d’armes (5) doit être renforcé, et les États membres doivent respecter le code de conduite de l'Union en matière d'exportation d'armements. M. Fleckenstein a estimé qu’il fallait réfléchir, avec la Commission européenne, sur des moyens d'ajouter des pénalités en cas de non-respect de ce code par un État membre.

Mettant en avant la lutte contre le terrorisme et le respect des droits fondamentaux (6), le S&D estime qu’il convient de renforcer la coopération au niveau de l’Union et le partage de renseignement tout en œuvrant à la promotion et au respect des droits et des libertés fondamentaux. « Nous devons renforcer notre coopération, notamment en matière de gestion des frontières, de maintien de l’ordre public, d’autorités judiciaires et de services de renseignement aux niveaux national et européen, ainsi qu’avec les pays tiers », ajoute le groupe. M. Boştinaru a insisté sur l’importance du partage du renseignement qu’il a qualifié de « très pauvre » actuellement, précisant que certains États étaient peu enclins à le pratiquer.

Faisant la promotion de la sécurité, de la stabilité et du développement dans les pays du voisinage de l’UE et en Afrique (7), le S&D estime que le partenariat avec l'Afrique et l'action dans les pays du voisinage devraient « se fonder sur l’idée selon laquelle sécurité et développement vont de pair », précisant que « les mesures de sécurité doivent être financées à l’aide de moyens supplémentaires et non par les crédits dévolus à l’aide et au développement ».

Le S&D insiste sur la « promotion d’un monde fondé sur la primauté du droit » où la politique étrangère et de sécurité commune de l’UE (PESC) soit dûment consacrée dans le cadre des Nations unies (8) ainsi que sur l’interdiction des armes nucléaires (9).

Enfin, le groupe prône un « contrôle parlementaire plus important » (10), exigeant que le Parlement européen, aux côtés des parlements nationaux, puisse garantir le contrôle parlementaire de la PESC et de son budget.

Le document est disponible à la page : http://www.socialistsanddemocrats.eu/position-papers/reflection-paper-security-and-defence (Camille-Cerise Gessant)

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