L’Union européenne est en passe d’atteindre trois objectifs en matière d’éducation sur les six qu’elle s’était fixée en 2010 dans le cadre de la stratégie UE2020. C’est ce que montre la sixième édition du rapport de suivi de l'éducation et de la formation, publié jeudi 9 novembre par la Commission.
Le « Suivi de l'éducation et de la formation 2017 » rend compte de l'évolution des systèmes d'éducation et de formation dans l'UE, en réunissant un large éventail de données (y compris par pays). « Ce rapport - note le commissaire chargé de l'Éducation Tibor Navracsics - fait état de progrès, notamment en ce qui concerne la lutte contre l’abandon scolaire. Mais il confirme aussi des tendances alarmantes concernant les compétences de base et l’influence du contexte socio-économique ».
Objectifs UE2020
En 2010, les Chefs d'État ou de gouvernement s'étaient donné 10 ans pour faire passer la part des jeunes âgés de 15 ans ayant une maîtrise insuffisante de la lecture, des mathématiques et des sciences sous la barre des 15%. Or, le rapport conclut, sur base des dernières données Eurostat, qu'en 2015, 19,7% des jeunes avaient des lacunes en lecture, 22,2% en mathématiques et 20,6% en sciences. En sciences, cela représente une augmentation de 4 points de pourcentage par rapport à 2012. L'UE-28 est également loin de son objectif d'emploi : à l'heure actuelle, 78,2% des personnes ayant obtenu récemment un diplôme du deuxième cycle de l'enseignement secondaire ou de l'enseignement supérieur (âgées de 20 à 34 ans) n'étant plus en éducation ou en formation avaient un emploi, contre un objectif de 82%. Par ailleurs, seuls 10,8% (contre un objectif de 15%) des adultes (âgés de 25 à 64 ans) participaient à des activités d'éducation et de formation formelles ou non formelles.
Les bons résultats portent sur l’abandon scolaire, la part de diplômés de l’enseignement supérieur et la participation des enfants à l’enseignement. Plus particulièrement : la part des jeunes ayant quitté prématurément le système d’éducation et de formation se chiffre à 10,7% (l’objectif est fixé à 10%), celle des 30 et 34 ans diplômés de l'enseignement supérieur est actuellement de 39,1% (objectif : 40%). Parallèlement, 94,8% des enfants entre quatre ans et l'âge de commencer l'école primaire participent à l'enseignement, pour un objectif de 95%.
Inégalités
Comme l'année dernière, l'enquête montre que le statut socio-économique détermine la réussite des élèves : pas moins de 33,8% des élèves issus des milieux socioéconomiques les plus défavorisés obtiennent des résultats médiocres, contre seulement 7,6% de leurs camarades les plus privilégiés. Les jeunes issus de l'immigration courent également davantage de risque d'obtenir de mauvais résultats à l'école et de quitter celle-ci prématurément. En 2016, pas moins de 33,9% des personnes âgées de 30 à 34 ans, vivant dans l'UE, mais nées dans un pays tiers, étaient peu qualifiées (avaient achevé tout au plus le premier cycle de l'enseignement secondaire), contre seulement 14,8% pour leurs homologues nés dans un pays de l'UE.
Autre observation : les investissements dans l'enseignement ont retrouvé leur niveau d'avant la crise financière et ont légèrement progressé (1% en glissement annuel en termes réels). Quatre pays (Estonie, Malte, Roumanie et Slovaquie) ont même été jusqu'à accroître leurs investissements de plus de 5%. Le rapport peut être consulté à la page : https://ec.europa.eu/education/sites/education/files/monitor2017_en.pdf . (Sophie Petitjean)