Le ministre des Affaires étrangères espagnol, Alfonso Dastis, était en visite au Parlement européen lundi 23 et mardi 24 octobre pour expliquer au président du Parlement européen, Antonio Tajani, et aux chefs de file des groupes politiques, quelles étaient les intentions du gouvernement de Mariano Rajoy.
Cette visite intervient dans un contexte particulièrement tendu, alors que Madrid a annoncé qu’elle déclencherait l’article 155 de la Constitution espagnole à l’encontre de la communauté autonome de Catalogne samedi 21 octobre pour mettre temporairement fin à son autonomie. M. Dastis a déclaré à ce propos que le gouvernement espagnol avait fait cette annonce « malgré lui », rappelant que le responsable de cette situation n’était « pas plus qu’un », en référence à Carles Puigdemont, le Président de la Generalitat catalane.
Alors que le Sénat espagnol a offert, mardi 24 octobre, la possibilité à M. Puigdemont de venir échanger avec le gouvernement de Madrid, M. Dastis a déclaré voir cela comme « un bon signal », afin que le leader catalan puisse exprimer son point de vue.
Parmi les chefs de file des groupes politiques au Parlement européen, le ministre des Affaires étrangères espagnol a notamment rencontré, lundi 23 octobre, Manfred Weber, le président du Parti populaire européen. Celui-ci a rappelé en conférence de presse que le gouvernement espagnol avait tout son soutien, n’hésitant pas à parler d’une situation constituant « une sorte de poison » et condamnant l’irresponsabilité du gouvernement catalan.
Philippe Lamberts, le président du groupe Verts/ALE, a été bien plus mesuré dans ses propos, lui-même ayant également rencontré M. Puigdemont le 23 octobre, affirmant que « ce n’est pas par la confrontation qu’on arrivera à trouver une solution politique ». Il a également appelé les parties à ne pas mettre de préalable au dialogue, tout en reconnaissant qu’il n’excluait pas que le pire arrive d’ici à la fin de la semaine, alors que le parlement catalan devrait se réunir jeudi 26 octobre.
Gabriele Zimmer, la chef de file du groupe GUE/NGL, a regretté pour sa part que la proposition de débat de son groupe sur la question catalane n'ait pas été approuvée par les autres familles politiques. (Lucas Tripoteau)