Selon des informations obtenues par EUROPE, l’opération en Méditerranée EUNAVFOR Med Sophia va renforcer, modestement, son contrôle sur les gardes-côtes libyens. Le Conseil européen avait demandé la mise en place d’un mécanisme de suivi pour assurer l'efficacité à long terme de la formation des gardes-côtes libyens, accusés de refouler des bateaux en mettant à l’eau des migrants.
« Le plan opérationnel a été approuvé par les États membres et s'appuie sur un partenariat de plus en plus efficace avec la marine et les gardes-côtes libyens », a expliqué la porte-parole du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), Catherine Ray, à EUROPE, jeudi 12 octobre. Ce plan a été approuvé par les ambassadeurs du Comité politique et de sécurité (COPS) mercredi 11 octobre et doit désormais être validé par les ambassadeurs (Coreper), puis par le Conseil.
Rappelant que l’opération Sophia continuait de travailler avec les Libyens pour assurer la pleine mise en œuvre du contrôle pour garantir un travail efficace, la porte-parole du SEAE a expliqué que, « conformément au protocole d'accord signé entre les gardes-côtes libyens et l'opération Sophia (en août 2016, NLDR), les Libyens fourniront des rapports écrits sur le mouvement et l'emploi de leurs navires ». « Les experts de l'opération Sophia se rendront périodiquement au QG de Tripoli, lorsque les conditions sur le terrain le permettront, pour surveiller l'efficacité » de la mission, a-t-elle ajouté.
Selon Mme Ray, le contrôle n’entraînera pas, de la part des membres de l’opération Sophia, une assistance ou une direction opérationnelle pour les gardes-côtes libyens. Il n’y aura pas d’intervention dans le processus de décision des Libyens, a également précisé une source européenne à EUROPE.
« Les experts de l'opération Sophia ne sont pas embarqués sur les navires », a ajouté la porte-parole du SEAE, propos corroborés par cette source européenne.
Cette surveillance, si elle peut paraître faible, est surtout un message aux Libyens de la part des Européens qu’ils ne peuvent pas faire tout ce qu’ils veulent. Selon une source, il ne faut pas sous-estimer la puissance diplomatique de ce genre d’actes. (Camille-Cerise Gessant)