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Bulletin Quotidien Europe N° 11881
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ACTION EXTÉRIEURE / Ukraine

M. Rasmussen appelle l’UE et ses États membres à faire plus

Le conseiller du président ukrainien Petro Porochenko et ancien Secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a exhorté, mercredi 11 octobre, l’UE et ses États membres à faire davantage pour aider l’Ukraine, en termes de sécurité et d'économie, notamment en lui livrant des équipements non létaux.

« Certains États membres entraînent déjà l’armée ukrainienne, mais les soldats doivent obtenir des équipements tels que des lunettes ou des moyens de communication », a-t-il expliqué aux députés européens de la sous-commission sécurité et défense du Parlement européen, lors d’une audition. « L’Ukraine n’est pas sous un embargo d’armement international, on doit faire davantage pour l’aider, elle n’agit qu’en autodéfense », a ajouté le conseiller. « Le conflit n'est en aucun cas un conflit gelé. En réalité, ce conflit est toujours en cours et il s’aggrave », a-t-il rappelé, sans entrer dans les détails.

M. Rasmussen est aussi longuement revenu sur une possible mission de paix de l’ONU dans l’est de l’Ukraine, proposée par le président russe Vladimir Poutine. « Cette proposition est un piège, mais plutôt que de fermer les yeux, nous devons lancer un défi à Poutine et encourager une mission de maintien de la paix qui répondrait vraiment au besoin sur le terrain et permettrait de garantir la paix », a estimé l’ancien Secrétaire général de l’OTAN. « En tant qu’Européens, nous devons nous engager plus sérieusement dans les discussions et nous devrions être prêts à envoyer des troupes qui rejoindraient les Casques bleus (de la mission), en particulier des États membres qui ne font pas partie de l’OTAN », a-t-il estimé. Dans un premier temps, M. Rasmussen a expliqué qu’il fallait encourager le Secrétaire général de l’ONU à déployer une équipe d’évaluation en Ukraine afin de définir le cadre d’une telle mission. Un déploiement ne nécessite pas l’accord du Conseil de sécurité des Nations Unies et donc un risque de veto.

Le conseiller a critiqué l’attitude de l’UE envers l’Ukraine. « Jusqu’à présent, l’UE n’a pas suffisamment agi. L’Allemagne et la France sont engagées dans les discussions du format Normandie et les États-Unis viennent de nommer un envoyé spécial pour l’Ukraine. Où est l’UE quand il s’agit de l’Ukraine ? », s’est-il interrogé. Si pour lui, la mise en place d’un envoyé spécial de l’UE ne serait pas « dommageable », il a estimé par ailleurs que « l’UE pourrait, devrait jouer un rôle plus significatif non seulement pour la mise en œuvre de Minsk et pour veiller à ce que l’Ukraine devienne une démocratie forte, mais également sur le plan économique. Ce serait aussi une arme pour lutter contre la Russie ». « L’UE devrait agir bien plus en termes économiques pour aider l’Ukraine à avancer dans les réformes, pour réduire les conséquences (économiques) négatives des réformes », a-t-il ajouté, appelant aussi au renforcement des sanctions contre la Russie.

Le conseiller de M. Porochenko a aussi souhaité que, lors du sommet du Partenariat oriental, prévu le 24 novembre à Bruxelles, l’UE envoie un vrai message aux États qui souhaiteraient devenir membres de l’UE. « Certains gouvernements refusent de reconnaître que des pays tels que l’Ukraine ou la Moldavie ont des aspirations européennes. (…) Si on ne propose pas de partenariats renforcés, on risque de perdre la confiance de nos partenaires orientaux », a-t-il estimé. Si les conclusions des précédents sommets du Partenariat oriental reconnaissaient les aspirations européennes de certains pays, en revanche elles ne reconnaissent pas la possibilité de devenir membres de l’UE. (Camille-Cerise Gessant)

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