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Bulletin Quotidien Europe N° 11881
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ACTION EXTÉRIEURE / Serbie

Belgrade se défend d’être proche de la Russie

Le Premier ministre serbe, Mme Ana Brnabic, a souligné, mardi 10 octobre, devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen que son pays n’était pas aussi proche de la Russie que beaucoup l'affirment.

Ainsi, selon le Premier ministre, si son pays a de « très bonnes relations avec la Russie, des liens culturels et religieux » et que de nombreux Serbes « envisagent la Russie comme un ami en raison de son soutien dans les années 1980 », cette relation « n’interfère en rien avec l’intégration européenne ».

Interrogée sur la proximité militaire entre Belgrade et Moscou, Mme Brnabic a démenti une telle relation. « En tant que députés européens, vous devriez discuter à la lumière de faits et non de perceptions », a-t-elle recommandé, expliquant qu’en 2016, sur les 16 exercices militaires multinationaux auxquels la Serbie a participé, 9 ont eu lieu avec les États-Unis et seulement 2 avec la Russie. De même, jusqu’à présent pour 2017, sur 15 exercices multinationaux, 13 ont eu lieu avec l’OTAN et 2 avec la Russie. Le chef du gouvernement serbe a cependant rappelé que son pays voulait une intégration européenne et non pas euro-atlantique. « On ne veut pas être membre de l’OTAN, on veut être militairement neutre », a-t-elle expliqué. L’UE reproche entre autres à la Serbie de ne pas s’être alignée sur les sanctions à l’encontre de la Russie en lien avec la crise ukrainienne et l’annexion de la Crimée.

Le Premier ministre serbe a souligné que l’enthousiasme de sa population envers l’UE était en progression. Ainsi, de récents sondages montrent que 49% des Serbes sont en faveur de l’UE, a indiqué Mme Brnabic. « La perception est en train de changer, doucement, mais elle change », a-t-elle ajouté.

Pour sa première visite à l’étranger et quelques jours avant ses 100 jours à la tête du gouvernement, le Premier ministre serbe a expliqué ses priorités : la numérisation et l’éducation. Elle a comparé ces deux volets aux fondations d’une maison. Les trois piliers/murs de la maison seraient « le développement économique et la stabilité macro-économique, les réformes du service public et l’État de droit ».

La stabilité régionale représenterait le toit de la maison, « ne serait-ce que pour des raisons égoïstes », a-t-elle avoué. « Nous avons beaucoup fait pour rendre le pays économiquement stable. (...) Notre marché est trop petit et chaque instabilité sur le marché régional à un impact sur nous », a-t-elle expliqué. Elle a souligné le plein engagement de son pays dans le processus de Berlin.

Mme Brnabic a aussi dénoncé le manque de progrès, du côté kosovar, dans la mise en œuvre des accords signés il y a quatre ans et demi à Bruxelles. « Belgrade a mis en œuvre la plupart des points, mais la pierre angulaire était la création de communautés serbes au Kosovo. Pristina ne l’a pas fait, elle n’a même pas commencé à travailler sur cette question, elle n’a pas mis en œuvre les accords », a-t-elle estimé.

Enfin, le sommet de la maison est « l’intégration européenne ». « L’axe stratégique de la Serbie est l’intégration européenne, on veut être membre de la famille européenne », a-t-elle martelé. 

Lors de sa visite à Bruxelles, mardi 10 et mercredi 11 octobre, le Premier ministre s’est également entretenu avec le commissaire européen aux Négociations d’élargissement, Johannes Hahn, le président du Parlement européen, Antonio Tajani, et la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini.

Lors d’un point presse avec Mme Brnabic, M. Hahn s’est dit encouragé par les progrès de la Serbie en termes de réformes. « Un État de droit fort et robuste est le signal ultime que la Serbie est prête à entrer dans l’UE », a-t-il expliqué. Le commissaire a espéré que de nouveaux chapitres de négociations d’adhésion seront ouverts avant la fin de l’année, sans donner plus de détails. Il a aussi expliqué qu’il n’avait « aucun doute » quant au fait que la Serbie deviendrait « membre de l’UE très vite ». (Camille-Cerise Gessant)

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