La Hongrie respecte l’arrêt de la Cour de justice de l’UE sur la relocalisation obligatoire de demandeurs d’asile depuis la Grèce et l'Italie (EUROPE 11856) mais combattra par tous les moyens, légaux et politiques, ces politiques de relocalisation, notamment dans le cadre du mécanisme permanent discuté dans la réforme du règlement dit de Dublin sur l'asile.
C’est le message qu’est venu porter, lundi 18 septembre à Bruxelles, le porte-parole du gouvernement hongrois Zoltán Kovács. Devant les journalistes, il a toutefois indiqué que le gouvernement réfléchissait encore à la façon dont il allait répondre à l'arrêt de la Cour, ne semblant donc pas exclure catégoriquement le fait de participer à ce mécanisme et d'accueillir quelques demandeurs d'asile à ce titre.
Début septembre, la Cour a légitimé la décision du Conseil de l’UE de septembre 2015 qui impose de manière temporaire, aux États membres, de relocaliser 120 000 demandeurs d'asile depuis la Grèce et l'Italie (EUROPE 11394).
Sur le fond, M. Kovács a néanmoins rappelé l’opposition de son pays à tout système de relocalisation et a vanté les efforts de solidarité de Budapest en matière d’immigration, en particulier dans ce qui a été appelé la fermeture de la route des Balkans occidentaux. En termes de solidarité, le gouvernement hongrois estime donc n’avoir aucune leçon à recevoir et rejette toute définition « unilatérale » et « biaisée » de la solidarité, a martelé le porte-parole.
Plus généralement, Zoltán Kovács a transmis le message du gouvernement Orbán visant à privilégier - dans tous les cas - le consensus et l’unanimité entre les leaders plutôt que d’opter pour le passage en force, comme cela a été le cas sur la réponse européenne au défi migratoire aux yeux de Budapest. Le gouvernement hongrois refuse également toute nouvelle délégation de compétences à l’UE, alors que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a appelé la semaine dernière les Vingt-sept à un nouvel élan en matière d’intégration européenne (EUROPE 11861).
Le porte-parole a aussi appelé les États membres et les institutions européennes à écouter plus souvent les pays d’Europe centrale et orientale qui ont aussi une voix et leur mot à dire. (Solenn Paulic)