Participera, participera pas ? Au petit jeu des messages brouillés sur l'Accord de Paris, l'UE n'entend pas jouer. C'est, à demi-mot, le message exprimé par la Commission européenne, lundi 18 septembre à midi, au lendemain de la réunion ministérielle internationale de Montréal sur l'action climatique, coprésidée par le Canada, l'UE et la Chine (EUROPE 11863) et qui a vu, le week-end dernier, les autorités américaines se livrer à des déclarations contradictoires sur leur position.
La volte-face effectuée par la Maison-Blanche quelques heures après la conférence n'a pas suscité de déclaration officielle et collective de l'UE. Invitée à un commentaire, la Commission a néanmoins fait savoir qu'elle n'entendait pas spéculer sur les intentions de l'administration Trump et que l'UE continuerait à aller de l'avant, avec les autres partenaires mondiaux.
Aux Américains de se positionner clairement
« Pour l’UE, l’Accord de Paris demeure un pilier des efforts mondiaux pour s’attaquer plus efficacement au changement climatique et ne peut pas être renégocié. L’Accord est un élément clé pour la modernisation de l’industrie et de l’économie européennes. La Commission prend note de la déclaration du Secrétaire d’État, Rex Tillerson. Nous ne sommes pas en train de spéculer et n’avons pas d’autre commentaire à faire. C’est aux États-Unis de dévoiler leurs plans », a déclaré la porte-parole à l’Action pour le climat de la Commission européenne à EUROPE. « L’UE et ses États membres restent engagés à mettre en œuvre pleinement et rapidement l’Accord de Paris et continueront à prendre la tête de la lutte contre le changement climatique », a-t-elle ajouté, estimant que le discours sur l'état de l'Union prononcé par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, « était très clair » (EUROPE 11861).
À Montréal, le représentant américain, Everett Eissenstadt, conseiller de Donald Trump, avait semblé rassurant, à en croire le commissaire européen à l'Action pour le climat et à l'Énergie, Miguel Arias Cañete, qui, rapportant ses propos, a indiqué que « les États-Unis ont affirmé qu'ils ne renégocieront pas l'Accord de Paris ». Même tonalité confiante chez la ministre canadienne de l'Environnement, qui avait affirmé, à l'issue de la réunion, samedi, « même les États-Unis ont réaffirmé que cet accord était irréversible ».
C'était avant que Rex Tillerson, depuis Washington, ne douche les espoirs d'unité, en déclarant samedi soir : « il n'y a eu aucun changement dans la position des États-Unis à l’égard de l'accord de Paris (...) les États-Unis se retirent de l'Accord à moins de pouvoir en revoir les termes pour les rendre plus favorables à notre pays ».
M. Trump avait fait preuve de la même ambiguïté à Paris lorsqu'il avait répondu à l'invitation du président français, Emmanuel Macron, le 14 juillet dernier (EUROPE 11830).
L'Assemblée générale des Nations Unies à New York devait offrir, lundi 18 septembre au soir, une nouvelle occasion de contact entre les Américains et leurs partenaires européens et internationaux sur l'Accord de Paris et la lutte contre les changements climatiques. (Aminata Niang)