Selon un rapport de l’Office alimentaire et vétérinaire de l’UE (OAV) publié le 8 septembre, la Roumanie n’agit pas suffisamment pour prévenir les cas de peste porcine africaine.
Un audit a été réalisé du 25 janvier au 2 février 2017 en Roumanie pour évaluer la bonne mise en place du programme de surveillance de la peste porcine africaine pour les années 2015 et 2016 chez les cochons domestiques et les sangliers. Les experts devaient déterminer notamment si les mesures en place étaient suffisantes pour atteindre l'objectif de détection précoce de l’épizootie.
Dans l'ensemble, « le rapport conclut que la Roumanie n'applique pas de nombreuses actions » visant à prévenir l’apparition de la maladie, notamment en ce qui concerne la gestion de la population de sangliers et les mesures de biosécurité dans les exploitations. En outre, les mesures sont prises après la confirmation d’un foyer de peste porcine africaine, ce qui a des effets sur les résultats de la surveillance. Les chasseurs sont conscients de l’existence de cette maladie, mais le « faible programme de surveillance passive » appliqué aux espèces sauvages ne permet pas de garantir la détection rapide de la peste porcine africaine, relèvent les experts. Ils estiment que cela augmente le risque de propagation chez les porcs domestiques.
L’OAV critique la faiblesse des mesures de biosécurité dans les fermes où se trouvent des animaux ‘de basse-cour’ (élevés par des particuliers), ce qui constitue le plus grand risque d'introduction de l'infection chez les porcs domestiques. « En particulier, les élevages de basse-cour composés de truies sont susceptibles de jouer un rôle dans la propagation locale de l'infection », estiment les experts vétérinaires.
Moins de risques dans les fermes commerciales. Les experts soulignent que les mesures de biosécurité et les contrôles en place dans les fermes commerciales « réduisent la probabilité d'introduction et de propagation de la maladie ». Toutefois, l’audit a mis au jour des retards persistants dans le temps de réponse des laboratoires et des failles dans la surveillance passive au sein des industries commerciales, ce qui pourrait « retarder la détection précoce de la maladie chez les porcs domestiques et augmenter le risque de propagation« dans » ce secteur ». Le rapport contient des recommandations visant à corriger les lacunes identifiées. (Lionel Changeur)