Les ministres de l’Agriculture des pays de l’UE ont souligné, mardi 5 septembre, lors de leur réunion informelle à Tallinn, la nécessité de renforcer à l’avenir les instruments destinés à gérer les crises et les risques en agriculture.
Mais les ministres n’ont pas vraiment formulé d’idées novatrices sur les moyens d’améliorer ces instruments et ils se sont montrés partagés sur le thème de la convergence des aides directes.
Réserve de crise. Le commissaire à l'Agriculture, Phil Hogan, a rappelé que la réserve de crise ne constituait pas une mesure de gestion des crises en tant que telle, mais un moyen d’obtenir des financements supplémentaires pour des mesures de soutien des marchés. « Les pays de l’UE se sont montrés très réticents à l’idée d’utiliser cette réserve de crise », a rappelé le commissaire, et la Commission en tiendra compte lorsqu’elle fera ses propositions sur le cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE post-2020, a précisé M. Hogan.
Lors de la réunion du Conseil, certains pays ont critiqué cette réserve de crise, comme les Pays-Bas ou l’Irlande. L’Italie a noté aussi que ce mécanisme n’était pas un succès. Pour l’Allemagne, cette réserve est une bonne idée, mais elle n’est pas suffisante pour répondre aux problèmes. La Grèce, l’Espagne et la Pologne ont soutenu les idées de la Présidence estonienne de garder l’argent non utilisé de la réserve de crise, au lieu de le rendre aux États membres.
La Présidence estonienne a estimé, en résumé, que les ministres arrivaient à la conclusion « que la réserve de crise doit être révisée pour avoir un système plus rapide et plus souple ».
De nombreux ministres de l'Agriculture ont défendu le maintien, à l’avenir, du système des paiements directs, ce que souhaite aussi le commissaire Hogan.
Harmonisation/convergence des aides. Le ministre estonien de l’Agriculture, Tarmo Tamm, a reconnu les divergences de vues au Conseil sur l’harmonisation et la convergence des aides directes. La Présidence estonienne se montre en faveur, ce qui a été soutenu par les ministres notamment polonais, slovaque, lituanien, roumain et bulgare. Au contraire, les Pays-Bas s’y sont montrés hostiles, tandis que le Danemark a estimé que cette question éminemment politique n’avait rien à voir avec le sujet des outils de gestion des crises et des risques.
PAC post-2020. Le commissaire Phil Hogan a souligné que le sujet de la gestion des risques sera un des éléments importants de la future PAC. La communication sur la simplification et la modernisation de la PAC (prévue pour fin novembre) « fournira l'occasion d'une réflexion approfondie », a-t-il dit. Certaines propositions sur des instruments spécifiques ont déjà été dévoilées dans le cadre des négociations entre institutions sur le règlement ‘omnibus’, en particulier pour encourager l'utilisation des fonds de mutualisation. La Commission propose aussi de faire baisser de 30 à 20% le seuil de déclenchement de l’outil de stabilisation des revenus pour mieux faire face aux situations de crise. (Lionel Changeur)