À la veille d'un débat d'orientation attendu au Collège des commissaires relatif à la politique commerciale de l'UE, mercredi 6 septembre, l'association européenne du commerce de détail, du commerce de gros et du commerce international, EuroCommerce, a publié un plaidoyer contre le protectionnisme, dénonçant ses risques tant pour le libre-échange au niveau mondial que pour le marché unique, « deux éléments qu'il faudrait renforcer plutôt que miner afin d'améliorer la croissance et l'emploi », a-t-elle insisté.
Depuis 2011, les pays du monde entier ont adopté des politiques protectionnistes : les États-Unis, qui avec leur nouveau président, Donald Trump, s'éloignent des accords commerciaux existants et nouveaux, la Chine, l'Inde et les autres pays du G20, qui multiplient les obstacles vis-à-vis des fournisseurs de biens et services étrangers, et certains pays de l'UE qui, pour protéger leurs champions nationaux, imposent des législations discriminatoires auxquelles se heurtent les détaillants et les grossistes, déplore EuroCommerce.
L'association se réjouit des gains annuels attendus de 500 millions d'euros pour les exportateurs de l'UE découlant de l'accord de libre-échange UE/Canada (CETA), qui sera bientôt mis en œuvre, ainsi que de la hausse attendue du volume des exportations de biens et de services vers le Japon (évalué aujourd'hui à 86 milliards d'euros), qui devrait résulter de l'élimination des nombreux obstacles et tarifs douaniers japonais après l'accord de principe scellé en juillet en vue d'un d'accord de libre-échange UE/Japon.
Elle déplore en revanche la volonté du gouvernement américain de renégocier le traité de libre-échange nord-américain (ALENA) et l'accord de libre-échange États-Unis/Corée du Sud, de se retirer du Partenariat transpacifique conclu en 2015 avec 11 pays du pourtour de l'océan Pacifique et de geler les négociations TTIP avec l'UE et les pourparlers plurilatéraux sur la libéralisation des services (TISA).
« Nous avons toujours soutenu que la mise en place de nouveaux obstacles au commerce était une erreur et qu'elle appauvrissait tout le monde, en fin de compte. Chercher à protéger les champions nationaux fait monter les prix pour les consommateurs et les empêche de bénéficier de la concurrence. Cela nuit aussi aux entreprises que l'on cherche à protéger en les rendant moins capables de concourir à l'échelle mondiale ou d'adopter l'innovation que les concurrents peuvent introduire. Le commerce de détail et de gros prospère grâce à la concurrence et c'est le seul moyen éprouvé de s'assurer que les consommateurs obtiennent de bonnes affaires et que l'économie puisse croître », conclut-elle. (Emmanuel Hagry)