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Bulletin Quotidien Europe N° 11855
POLITIQUES SECTORIELLES / SÛretÉ alimentaire

Les ministres de l’Agriculture sont plutôt satisfaits de la gestion du scandale des œufs au Fipronil

Les ministres de l’Agriculture des pays de l’UE et la Commission européenne se sont montrés généralement satisfaits, mardi 5 septembre à Tallinn, de la manière dont la Commission européenne et les pays concernés ont géré le scandale des œufs contaminés par l’insecticide Fipronil.

Seul le ministre allemand, Christian Schmidt, s’est montré assez critique, en estimant notamment que le système européen d’alerte rapide (Rapid Alert System for Food and Feed, ou RASFF) aurait dû mieux fonctionner. Plusieurs eurodéputés avaient formulé des remarques allant dans ce sens. La ministre slovaque de l’Agriculture s’est demandé pourquoi le problème avait été notifié fin juillet, alors que les pratiques frauduleuses d’utilisation de l’insecticide remontent à septembre 2016.

Certains ministres de l’Agriculture, dont ceux de France et de Belgique, ont admis qu’il fallait améliorer la manière dont les informations circulent entre les services sanitaires nationaux.

La plupart des ministres qui sont intervenus lors de la réunion informelle du Conseil Agriculture ont rappelé qu’il s’agissait d’une fraude criminelle.

Resserrer la collaboration. Ce scandale a montré, selon la Belgique, la nécessité de « resserrer la collaboration européenne et de veiller à ce que la fluidité en termes d'échanges d'informations soit davantage serrée », a souligné mardi le ministre fédéral de l'Agriculture, Denis Ducarme, lors de son arrivée à la réunion informelle. En Belgique, l'antiparasitaire destiné à éradiquer le pou rouge a été utilisé dans 93 exploitations de volailles.  Le ministre a rappelé que c’était grâce au système d'autocontrôle belge « qu'on a pu détecter le Fipronil dans la filière œufs en Belgique ». « C'est donc grâce à notre système que l'ensemble des pays européens a également pu veiller à détecter ce problème », a-t-il poursuivi, tout en soulignant le caractère international de la fraude.

Vytenis Andriukaitis, le commissaire à la Santé et la Sûreté alimentaire, a informé les ministres sur les derniers développements dans cette affaire. Il a rappelé la dimension européenne du scandale, avec des centaines de fermes bloquées, 26 États membres de l’UE touchés ainsi que 19 pays tiers. « Bien que le risque pour la santé humaine soit faible, les conséquences de ces activités criminelles ont largement affecté la confiance des consommateurs », a-t-il reconnu. D’où le besoin, selon lui : - d’obtenir une image complète de ce qui s'est passé ; - de fournir collectivement des réponses claires aux citoyens ; - de faire en sorte que les responsables coupables de ces fraudes soient identifiés et traduits en justice. Vytenis Andriukaitis a obtenu l’assurance des pays « que toutes les fermes suspectées ont été bloquées et que des œufs contaminés ont été détruits ».

Encore du travail à faire. Tout en estimant que le système européen d’alerte (RASFF) avait bien fonctionné, le commissaire a souligné qu’il restait « encore du travail à faire ». Il a cité le lancement d'un exercice à l'échelle de l'UE de suivi pour enquêter sur l'utilisation éventuelle de substances illégales dans les fermes productrices d'œufs et le lancement, vers fin septembre/début octobre, de missions d'enquête sur le terrain dans les quatre États membres les plus touchés (Pays-Bas, Belgique, France et Allemagne). « L'UE a toujours su tirer des leçons des crises alimentaires », a déclaré M. Andriukaitis. C’est pour cette raison que se tiendra le 26 septembre à Bruxelles une réunion ministérielle de haut niveau pour discuter de la manière de renforcer les réseaux de l'UE qui s'occupent de sûreté alimentaire et des fraudes alimentaires. Des conclusions pourraient être tirées ensuite lors du Conseil Agriculture d’octobre. Il faut discuter des moyens de renforcer la coopération et de rendre les canaux de communication « plus fluides, plus efficaces », a résumé le commissaire. (Lionel Changeur)

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