La Commission européenne espère que le candidat pro-européen Emmanuel Macron, arrivé en tête du premier tour, remportera les élections présidentielles françaises et, partant, maintiendra les finances publiques françaises dans les clous du Pacte de stabilité et de croissance durant le prochain quinquennat.
Mercredi 17 mai, l'institution européenne délivrera un premier message aux futures autorités françaises lorsqu'elle adressera aux États membres ses recommandations de politique socio-économique.
Si la Commission prédit, jeudi 11 mai, un déficit public français au-dessus de 3% du PIB cette année, elle demandera à la France, le 17 mai, de faire un effort budgétaire dès 2017. Si, comme c'est plus probable, elle prévoit un déficit public inférieur, mais proche de 3% du PIB (2,9% du PIB), l'institution européenne demandera au futur gouvernement français de procéder à un ajustement structurel de 0,6% en 2018, conformément à l'effort exigé d'un pays situé dans le volet préventif du Pacte. Cela, même si l'abrogation formelle de la procédure pour déficit public excessif n'aurait lieu qu'en 2018, dans un scénario où M. Macron serait le prochain président français.
Le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a plusieurs fois jugé inconcevable que la France soit, en 2018, le seul pays de la zone euro en situation de procédure pour déficit excessif (EUROPE 11662). Lundi 24 avril, il a apporté un soutien sans équivoque à M. Macron, « pour l'Europe », et contre Mme Le Pen, contre « le culte des frontières ». Même si en valeur absolue le score du Front national n'a jamais été aussi élevé, M. Moscovici a décelé un certain « tassement » du parti d'extrême droite qui s'expliquerait en partie, selon lui, par l'erreur de penser que les Français veulent abandonner la monnaie unique.
L'office statistique de l'UE (Eurostat) a annoncé, lundi, que le déficit public français s'était établi à -3,4% du PIB en 2016, après -3,6% en 2015. Quant à la dette publique française, elle a augmenté entre 2016 et 2017, passant des 95,6% à 96,0% du PIB. (Mathieu Bion)