La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, ont annoncé, lundi 24 avril, lors d’une conférence de presse commune à Moscou, qu’ils souhaitaient une amélioration des relations entre l’UE et la Russie.
Rappelant que Bruxelles et Moscou avaient travaillé, par le passé, sur un partenariat stratégique, Mme Mogherini a souhaité « revenir à une situation de ce type ». « Nous sommes prêts à explorer tous les domaines possibles de coopération sur la base d’une évaluation pragmatique de nos intérêts respectifs et sur de nombreux dossiers où ces intérêts respectifs coïncident de manière bilatérale, régionale et mondiale », a-t-elle expliqué pour sa première visite à Moscou depuis son entrée en fonction. La Haute Représentante a rappelé qu’il était « assez surréaliste » de se considérer comme des partenaires stratégiques en ayant des sanctions les uns contre les autres. « Il existe des domaines de coopération et nous sommes déterminés à accroître le niveau de coordination et de coopération en explorant les moyens possibles pour que la Russie et l'UE puissent être utiles pour résoudre certaines des crises auxquelles nous sommes confrontés dans le monde d'aujourd'hui », a-t-elle ajouté. « Pas une seule possibilité de coopération ne peut être gaspillée ou sous-estimée. Nous avons donc la responsabilité de faire tout notre possible pour trouver un terrain d'entente et des solutions communes », a-t-elle précisé.
De son côté, M. Lavrov, en russe, a expliqué qu’il était convaincu que « le développement des liens (entre l’UE et la Russie) sur des bases d'égalité et de respect mutuel répondait aux intérêts à long terme des peuples » et que cela contribuerait à « la consolidation de la sécurité et de la stabilité mondiales et régionales ». Selon le ministre, il faudrait intensifier le dialogue politique qui devrait avoir lieu sur une base régulière.
Mais l’UE et la Russie ont aussi des points de vue totalement différents sur plusieurs dossiers, notamment l’Ukraine. « Bien sûr, nous avons une évaluation différente du conflit dans l'est de l'Ukraine et de l'annexion de la Crimée », a expliqué Mme Mogherini, tout en ajoutant avoir discuté avec M. Lavrov « de la manière dont nous pouvons avancer sur la feuille de route convenue, qui est la mise en œuvre intégrale de l'Accord de Minsk dans tous les aspects, tant sur la sécurité que sur les aspects politiques », par toutes les parties. Pour M. Lavrov, l’Ukraine refuse de mettre en œuvre les accords et tente de les modifier. « Je m'attends à ce que nos homologues de l'UE tentent de faire en sorte que les autorités ukrainiennes appliquent strictement les accords de Minsk », a-t-il expliqué. « Si cela est fait, nous serons prêts à faire notre part en tant que garants des accords afin d'influencer Donetsk et Lugansk pour qu'ils prennent eux aussi des mesures dans cette direction, une fois que Kiev commencera à remplir ses obligations », a-t-il prévenu. La Haute Représentante a aussi rappelé que l’UE ne reconnaissait pas l'annexion de la Crimée.
Mme Mogherini a par ailleurs annoncé qu’elle avait discuté avec M. Lavrov de la situation en Syrie, en Libye, du processus de paix au Proche-Orient ou encore de l’accord nucléaire avec l’Iran. (Camille-Cerise Gessant)