Violemment mis en cause après sa rencontre fin mars avec le président syrien Bachar el-Assad, l’Espagnol Pedro Agramunt, président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), a accepté de se soumettre à une audition qui se tiendra mardi 25 avril.
Dès l’ouverture de la plénière de l’APCE lundi 24 avril, M. Agramunt a abordé le sujet en reconnaissant que cette visite - organisée à la demande de Khadija Abbas, présidente du Parlement syrien - était « une erreur » dont il avait « sous-estimé » les conséquences au sein de l’assemblée que lui-même préside.
Le dirigeant politique a tenu à préciser qu’il avait fait ce voyage au titre de membre du Sénat espagnol mais qu’il aurait dû informer tous les présidents de groupes politiques de l’APCE. Il aussi constaté, en le déplorant, que la rencontre avec M. el-Assad avait été « manipulée par certains médias russes et certains membres du Parlement de Russie ».
La délégation de 10 parlementaires qui s’est rendue en Syrie rassemblait en effet des membres de la Douma aux côtés de parlementaires d’Espagne, d’Italie, de République tchèque et de Serbie ainsi que trois membres de l’APCE : Pedro Agramunt, bien sûr, mais aussi les libéraux Alain Destexhe (Belgique) et Jordi Xucla (Espagne), président de l’Alliance des démocrates et libéraux pour l’Europe.
Pedro Agramunt s’est défendu en insistant sur sa « volonté de dialogue ». « J’ai cru qu’il s’agissait là d’une bonne occasion à saisir » pour « parler à M. el-Assad de la démocratie, de l’État de droit et de la défense des droits de l’homme », a-t-il dit en se défendant d’un quelconque « soutien » au pouvoir syrien. Il a précisé s’être expliqué de cette visite auprès du Bureau de l’APCE et a annoncé avoir demandé que ses mises au point soient rendues publiques.
Ce mea culpa n’a cependant pas suffi et une salve de motions d’ordre a suivi l’allocution de Pedro Agramunt. Tous les intervenants, de tout bord politique, ont réclamé bien plus qu’une simple mise au point, allant jusqu’à demander la démission du président de l’APCE comme l’a fait Michele Nicoletti, président des socialistes.
Axel Fischer, président du Parti Populaire européen dont est membre Pedro Agramunt a, quant à lui, constaté que « cette visite était dommageable au crédit de l’Assemblée » et a réclamé une « audition devant les représentants de chaque groupe politique ».
Après une suspension de séance, Pedro Agramunt dont la présence n’était clairement plus souhaitée au perchoir de l’hémicycle, a été remplacé par Roger Gale, chef de la délégation britannique. C’est ce dernier qui a informé l’hémicycle de l’organisation de cette audition dès ce mardi 25 avril. (Véronique Leblanc)