La Commission européenne et la BCE estiment que, malgré les progrès importants (mais irréguliers) réalisés, la quantité de prêts toxiques dans les banques chypriotes continue d'être très élevée.
« La confiance renforcée a permis aux banques d’élargir leur base de dépôts et améliorer leurs liquidités et les coussins de capitaux », écrivent les deux institutions européennes dans une déclaration à l’issue de la mission de surveillance post programme d’ajustement économique qui s’est conclue vendredi 31 mars. En janvier, les banques chypriotes ont par ailleurs fini de rembourser les liquidités d’urgence qui leur avait été octroyées par la BCE.
Les institutions recommandent « des efforts de restructuration des prêts plus énergiques ». La prédominance de restructurations de prêts déjà restructurés « suggère que la qualité des solutions de restructurations doit être davantage renforcée », disent encore les institutions. Des efforts plus vigoureux sont également nécessaires dans la mise en œuvre et l’usage des cadres relatifs à l’insolvabilité et aux saisies immobilières, selon elles.
Dans sa propre analyse, le FMI estime aussi que les prêts toxiques, mais également le niveau élevé de l’endettement du secteur privé et la dette publique restent des vulnérabilités. « Une portion des prêts précédemment restructurés a tendance à refaire défaut », écrit le FMI. Les prêts toxiques ont également réduit la marge de bénéfices des banques. « Les banques devraient être davantage encouragées à ne pas reporter la restructuration dans l’attente que de futures augmentations notamment dans le prix des propriétés amélioreraient d’elles-mêmes les marges de recouvrement », a indiqué l'organisation financière internationale.
Au-delà des aspects liés aux banques, la Commission et la BCE regrettent les réformes clés qu’a rejetées le Parlement national, comme celle de l’administration publique et la privatisation de plusieurs entités publiques majeures. Ces institutions européennes estiment que la croissance atteindra 2,5% du PIB en 2017. (Élodie Lamer)