login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11760
Sommaire Publication complète Par article 11 / 35
POLITIQUES SECTORIELLES / SÛretÉ alimentaire

Fraude à la viande brésilienne, le commissaire Andriukaitis donne des assurances aux ministres

Venu faire rapport aux ministres européens de l’Agriculture de sa visite récente au Brésil, le commissaire européen à la Santé et la Sûreté alimentaire, Vytenis Andriukaitis, a insisté, lundi 3 avril à Luxembourg, sur les garanties de sérieux des contrôles officiels qu’il avait exigées du ministre brésilien de l’Agriculture, Blairo Maggi, et sur le strict suivi de ces engagements.

Il a également assuré de son propre engagement à tout faire pour que le consommateur européen ne fasse pas les frais du scandale de la viande avariée du Brésil, sans toutefois envisager, à ce stade, d’autres mesures que celles successivement prises depuis le 17 mars (EUROPE 11758, 11757).

« J’ai tout d’abord exprimé aux ministres mon engagement personnel pour que la législation alimentaire de l’UE et ses exigences soient pleinement respectées. Cet engagement a d’ailleurs été au cœur de mon entretien avec le ministre brésilien. Nous avons parlé de sécurité et de qualité des produits exportés et j’ai insisté sur le principe de prévisibilité et de fiabilité des contrôles officiels brésiliens », a déclaré le commissaire à l’issue de la réunion.

À la presse qui s’étonnait que les services vétérinaires de l’UE n’aient pas détecté cette fraude, M. Andriukaitis a répondu « il ne nous appartient pas de détecter immédiatement un cas de fraude au Brésil. C’est aux autorités brésiliennes de réaliser les contrôles pour s’assurer de l’absence de corruption. Nous avons néanmoins réagi rapidement et introduit des mesures très strictes ». Il a assuré que la Commission continuera de suivre la situation de très près.

Le commissaire a indiqué avoir reçu, le matin même, un courrier du ministre brésilien, selon lequel le scandale de la viande avariée est « un cas de corruption et de fraude, mais non pas une question relevant de la sûreté alimentaire », a déclaré M. Andriukaitis.

S’agissant d’éventuelles mesures supplémentaires à prendre dans les semaines ou mois à venir, il a indiqué que cela dépendrait des informations à recevoir de la part des États membres « sur la base des mesures harmonisées » qui ont fait l’objet d’un consensus le 30 mars dernier entre la Commission et les experts des États membres, à savoir les contrôles physiques et microbiologiques aux points d’entrée dans l’UE des cargaisons en provenance du Brésil. Selon lui « Le régime strict de contrôles à l'importation permet à l'UE d'avoir le niveau de sécurité le plus élevé au monde ».

Interrogé sur l’impact éventuel de ce scandale sur la négociation d’un accord de libre-échange avec le Mercosur et sur l’hypothèse d’une suspension de ces négociations pendant toute la durée de l'enquête, comme le demande le syndicat agricole Copa-Cogeca, le commissaire à l’Agriculture, Phil Hogan, a fait observer que « le scandale touche le Brésil » et que « faire l’amalgame » entre ce pays et les pays du Mercosur « serait injuste ».  Considérant que la Commission a adopté une « position très ferme » face aux autorités brésiliennes et, compte tenu du fait que les pourparlers sont en cours depuis 2000 sans enregistrer de grands progrès, il a estimé qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter outre mesure. « Ces pourparlers se poursuivront », a dit M. Hogan. Et d'ajouter « Nous voulons un chapitre SPS (relatif aux mesures sanitaires et phytosanitaires) très fort. J'espère une évolution rapide, sauf si les ambitions sont revues à la baisse par les partenaires du Mercosur. Nous serons très vigilants. Sur le chapitre agricole, nous sommes sur la défensive. » (Aminata Niang)

Sommaire

ACTION EXTÉRIEURE
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
EMPLOI - JEUNESSE
CONSEIL DE L'EUROPE
BRÈVES
BIBLIOTHÈQUE EUROPÉENNE