Particulièrement dense, la session plénière du Parlement européen sera, sans aucun doute, dominée par le débat sur la résolution relative aux négociations du Brexit, que les députés adopteront, mercredi 5 avril.
Les débats s’annoncent houleux, pas moins de trois autres résolutions alternatives devant être présentées. La résolution, présentée mercredi dernier lors de la conférence des présidents des groupes politiques (EUROPE 11756), a été sous le feu des critiques, lors de la conférence de presse en amont de la session, vendredi 31 mars.
Le porte-parole du groupe CRE a ainsi indiqué que son groupe ne voterait pas en faveur de ladite résolution. Pour deux raisons : d’une part, le processus de rédaction, ayant impliqué quatre groupes (PPE, S&D, ADLE, Les Verts), est jugé comme discriminatoire et peu transparent ; d’autre part, le contenu du texte, serait « peu constructif » étant donné qu’il se bornerait à fixer une liste de lignes rouges à ne pas franchir.
La porte-parole du groupe GUE/NGL a semblé partager l’analyse du groupe CRE. Des critiques qu’a tenté de balayer, le porte-parole de l’ADLE devant les journalistes. Celui-ci a ainsi rappelé que Guy Verhofstadt (ADLE, belge) - coordinateur sur le texte et référent du Parlement sur la question du Brexit - avait consulté tous les groupes politiques avant de rédiger la résolution.
Trois groupes (CRE, GUE/NGL et ELDD) présenteront ainsi des projets de résolution alternatifs, selon plusieurs sources. Toutefois, la résolution portée par M. Verhofstadt devrait selon toute vraisemblance être la première a être votée et certainement adoptée, selon une source. « Ce qui aura pour effet de rendre les autres caducs ». Seul le groupe ENL n’a présenté aucune résolution.
La position du Parlement européen sur le Brexit sera sous les feux des projecteurs. Et pour cause : c’est à cette institution européen que reviendra en dernier la responsabilité d'endosser le futur accord sur le retrait du Royaume-Uni – si tant est qu’il y en ait un.
Sur le volet législatif, deux votes d’importance auront lieu mercredi 5 avril pour renforcer les dispositifs médicaux, à la suite notamment du scandale des implants mammaires frelatés (EUROPE 11740).
Dieselgate. Autre dossier particulièrement brûlant et attendu : les recommandations de la commission EMIS d’enquête sur le ‘Dieselgate’ (EUROPE 11735) et le projet de règlement sur la réception et la surveillance du marché des véhicules à moteur (EUROPE 11722). Les deux votes auront lieu le mardi 4 avril. Un point cristallisera toutes les attentions : le projet de création d’une agence européenne de surveillance des marchés.
Par ailleurs, un accord informel entre le Parlement et le Conseil, sur les plafonds des prix d’itinérance, sera soumis au vote jeudi 6 avril.
Allocution du président allemand. Le nouveau président de l’Allemagne, Frank-Walter Steinmeier, tiendra un discours devant les parlementaires en séance solennelle, mardi 4 avril. Le porte-parole du Parlement européen a indiqué que le président du PE, Antonio Tajani, s’entretiendra avec l’Allemand, en particulier pour discuter de l’avenir de l’Europe. Ce sera le quatrième président allemand accueilli par le Parlement européen.
Parmi les autres sujets à l'agenda des députés européens figurent une résolution pour lutter contre la déforestation causée par l’huile de palme (EUROPE 11742), mardi 4 avril. Mercredi 5 avril, les députés débattront sur les discours de haine et les 'fake news’ sur les réseaux sociaux à la demande du groupe S&D. Les députés discuteront, d’une part, sur la manière de lutter contre ce phénomène en plein essor, et, d’autre part, sur l’ingérence extérieure dans les élections nationales - en référence aux allégations selon lesquelles la Russie aurait cherché à déstabiliser les élections américaines (EUROPE 11756). Le débat ne donnera lieu à aucune résolution, nous indique une source institutionnelle.
Venezuela. À la demande du président du PE, un point sur la situation au Venezuela pourrait être ajouté à l’ordre du jour de la plénière lundi (voir autre nouvelle).
Enfin, un débat avec le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, sur la situation en Grèce était initialement prévu, alors qu'Athènes et ses créanciers négocient un paquet de réformes en échange d'une nouvelle tranche d'aide financière. Mais le ministre néerlandais des Finances, très décrié après sa récente sortie clivante et sexiste sur le train de vie dispendieux des pays du sud de la zone euro, aurait une nouvelle fois indiqué ne pas pouvoir être en mesure du fait d’une incompatibilité d’agenda (EUROPE 11751). L’agacement est palpable au PE, qui rappelle que M. Dijsselbloem a systématiquement décliné toute invitation depuis janvier. (Pascal Hansens)