La commissaire européenne à la Politique régionale, Corina Creţu, s’est dite optimiste quant au futur des régions ultrapériphériques, lors d’une allocution au 4e forum des régions ultrapériphériques, jeudi 30 mars.
La commissaire a déclaré être « résolument optimiste » quant à l’avenir des régions ultrapériphériques d’ici 10 à 15 années. Pour la commissaire, les neuf régions ultrapériphériques (RUP) sont certes petites, mais particulièrement créatives, présentant une économie « inclusive » et durable (‘caring economy’), qui pourra s'épanouir en s'appuyant notamment sur la croissance bleue et l’économie collaborative.
La commissaire a poursuivi en rappelant les outils mis à disposition par l’Union européenne en vue de les soutenir notamment par le biais de la politique de cohésion ou des programmes POSEI – qui visent à soutenir l’agriculture de ces régions et dont les résultats semblent probants (EUROPE 11690). Elle a toutefois lancé une mise en garde : « Mais, tout ça ne portera ses fruits que si vous utilisez vraiment ces instruments, si vous canalisez vos énergies pour travailler sur des projets qui amélioreront la vie de vos communautés ».
Des propos qui ont une résonance particulière alors qu'un département français d’outre-mer, la Guyane, est secoué par de forts mouvements sociaux (EUROPE 11753). Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui était lui aussi venu intervenir vendredi 31 mars à ce forum, a d’ailleurs ouvert son discours sur ce département français, qu’il a tenu à saluer avant de reconnaître laconiquement des erreurs commises. « Nous avons fauté par inattention », a-t-il ainsi sobrement admis.
Le président a par la suite insisté sur l’importance de la révision de la stratégie pour les régions périphériques, qui devrait être présentée en septembre ou durant l’automne. Il a ainsi souligné la nécessité d’instaurer « un véritable partenariat » qui doit reposer sur « un dialogue réel » et la « connaissance accrue des spécificités des régions ultrapériphériques sur le continent européen », connaissance qu’il a reconnue comme « sous-développée » en Europe continentale. Par ailleurs, le président Juncker a plaidé pour une approche « région par région ».
M. Juncker a par ailleurs profité de l’occasion pour promouvoir le Plan d'investissement stratégique pour l'Europe – qui inquiète pourtant beaucoup les régions (EUROPE 11738) – pour investir dans des infrastructures. Il a ainsi émis le souhait de voir les RUP solliciter le Plan pour financer « un projet de nouveau câble sous-marin qui relierait le Brésil et l'Europe et connecterait ainsi la Guyane, les Canaries et mes amis de Madère ».
À l'occasion du Forum, les présidents des régions ultrapériphériques ont remis à la Commission un mémorandum contenant un grand nombre de propositions. EUROPE y reviendra dès la semaine prochaine. (Pascal Hansens)