70 délégations, dont 53 pays et plusieurs organisations régionales, se retrouveront mercredi 5 avril à Bruxelles pour une conférence « sur l’aide à apporter pour l’avenir de la Syrie et des pays de la région ».
Selon plusieurs sources européennes, il s’agira de la conférence la plus importante sur la Syrie pour l’année 2017. À l’issue de la conférence, une déclaration des coprésidents (UE, Allemagne, Koweït, Norvège, Qatar, Royaume-Uni et Nations Unies) devrait être adoptée.
Cette réunion à haut niveau a pour objectif de discuter du futur du pays et du soutien que peut apporter la communauté internationale. « On est entré dans la septième année de guerre », rappelle un haut fonctionnaire européen. La conférence devrait permettre de rappeler le soutien de la communauté internationale aux négociations menées par les Nations Unies. L’envoyé spécial, Staffan de Mistura, présent, informera les délégations sur l’avancée des négociations.
Les délégations discuteront aussi des perspectives d’aide pour la période 'après accord', notamment concernant la reconstruction, quand une transition politique inclusive aura clairement commencé. « L’Union et les autres donateurs ne vont pas investir de grandes sommes tant que l’on pense que ce que l’on construit va être démoli », a rappelé le fonctionnaire.
La communauté internationale devrait également s’entretenir au sujet de la nécessaire aide humanitaire et de la protection de ceux qui en ont besoin et reconfirmer son engagement à continuer à fournir de l’aide. Ainsi, les délégations feront le point sur la concrétisation des promesses financières pour les Syriens et les communautés d’accueil faites lors de la conférence de Londres de février 2016. Elles s’élevaient à 11 milliards d’euros jusqu’en 2020. De nouvelles promesses d’aide pourraient être annoncées. « On ne va pas interdire aux participants de faire des dons, mais une conférence de donations n’est pas le but principal », a précisé une source européenne, tout en ajoutant que c’était aussi l’occasion de faire pression sur des donateurs peu généreux. Selon un haut fonctionnaire européen, à cette occasion, l’UE devrait confirmer que son aide pour 2017 s’élèvera à 1,1 voire 1,2 milliard d’euros. Dans ce contexte, les délégations devraient discuter du soutien à apporter aux pays voisins – Liban, Jordanie, Turquie, mais aussi Irak et Égypte - qui accueillent de nombreux réfugiés.
Si 70 délégations ont été invitées à participer à la conférence, les plus grandes nations devraient envoyer des seconds couteaux. Plusieurs États membres devraient être représentés par leurs ministres pour le Développement et non par leurs chefs de la diplomatie. Et si le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif et les Premiers ministres libanais et jordanien seront présents, la Russie sera représentée par son ambassadeur auprès de l’UE et la Turquie n’a pas encore confirmé sa participation qui semble de plus en plus hypothétique.
La veille de la rencontre à haut niveau, des experts se seront entretenus de la situation humanitaire en Syrie, que ce soit des besoins, des défis et de la voie à suivre, mais ont discuté aussi du soutien à la résilience des communautés d’accueil et des réfugiés dans le contexte de la crise syrienne. (Camille-Cerise Gessant)