Plusieurs responsables européens ont fortement désapprouvé, vendredi 31 mars, la décision de la Cour suprême de déposséder de ses pouvoirs législatifs jusqu'à nouvel ordre l'Assemblée nationale vénézuélienne, où l'opposition au régime Maduro est majoritaire.
Le président du Parlement européen, Antonio Tajani a regretté l'attitude du pouvoir en place qui a fait faire à la démocratie « un pas en arrière », à contre-courant du processus amorcé en Amérique latine ces dernières années. « Nous demandons le respect de la démocratie, des droits de l'homme, de la séparation des pouvoirs, des principes inscrits dans la Constitution. Une démocratie respecte sa propre Constitution », a-t-il ajouté, faisant savoir qu'il avait apporté son soutien à Julio Borges, le président de l'Assemblée nationale vénézuélienne lors d'une conversation téléphonique.
Les socialistes espagnols Ramón Jáuregui Atondo et Francisco Assis, coprésidents de l'assemblée parlementaire euro-latino-américaine, ont condamné « l'attaque » à la démocratie perpétrée par la Cour suprême vénézuélienne et exhorté le gouvernement Maduro à trouver « immédiatement » une solution politique restaurant le fonctionnement normal des institutions. Et d'ajouter : « Ces derniers événements, qui s'ajoutent à une longue histoire de jugements motivés politiquement, à la répression violente de l'opposition et à une incapacité évidente de restaurer la paix économique, sociale et démocratique, font l'objet de notre condamnation la plus ferme ».
La veille, le porte-parole de la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, avait appelé à la mise en place d'un « calendrier électoral clair ». (Mathieu Bion)