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Bulletin Quotidien Europe N° 11735
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ACTION EXTÉRIEURE / Maroc

Le risque existe d’arrêter toute coopération jusqu’à ce que l’UE revienne sur sa position, avertit M. Boudra

Le Maroc est contre toute distinction entre son propre territoire et celui du Sahara occidental, contrairement à ce qu'a jugé la Cour de Justice européenne (EUROPE 11718). « Nous sommes contre », a affirmé Mohamed Boudra, président de l’association des Maires marocains, élu jeudi dernier co-président de l’Assemblée euro-méditerranéenne des régions et autorités locales (ARLEM) (EUROPE 11732).

« Quand l’Europe coopère avec le Maroc, c’est avec tout le Maroc, Sahara, Rif et Atlas compris » (le Maroc classe le territoire disputé comme ‘province du Sud’ et l’inclut dans un large plan de décentralisation régionale dans tout le royaume, NDLR). « Ou on accepte le Maroc comme il est, ou on ne l’accepte pas », a-t-il affirmé, interrogé à Malte par EUROPE.

« L’UE doit reconnaître que le Maroc joue un rôle primordial avec elle et avec l’Afrique et qu’il veille aux bonnes relations » avec l'UE. M. Boudra estime que le Maroc, « pays indépendant, a le droit de défendre ses intérêts. La coopération doit être positive », sinon « on va refuser, arrêter toute coopération jusqu’à ce que l’Europe revienne sur sa position ».

Par ailleurs, M. Boudra appelle l’UE à concevoir plus positivement sa politique migratoire, notamment en lien avec les pays de passage, comme le Maroc. L’UE a « encore à apprendre sur l’immigration. Elle ignore les problèmes auxquels sont confrontés les pays au sud de la Méditerranée » et, selon M. Boudra, « le sécuritaire et la réadmission ne sont pas une approche acceptable », tout comme il n’envisage pas positivement l’idée d’installer des centres de rétention dans les pays de transit  ('hotspots') : « Il se peut qu’il y ait des situations humanitaires qui exigent des solutions provisoires », mais « je crois qu’il faut le moins possible d’internements et faciliter l’intégration par un travail, du logement décent ».

Le responsable a cité l’exemple de son pays, « devenu non seulement un pays de transit et pays d’installation de migrants » et qui a opéré « plusieurs régularisations de ressortissants subsahariens ». Le Maroc estime, selon M. Boudra, que « l’émigration n'est pas uniquement un problème, mais peut enrichir le pays, grâce à la diversité culturelle et religieuse ». Le problème ne serait donc pas seulement européen : « il y a aussi notre propre émigration, de nos jeunes qui rêvent de partir en Europe ». La solution est dans une « coopération triangulaire ».

Le Maroc, qui « est de retour à l’Union africaine (UA), a en perspective de travailler en profondeur avec le continent ». Il estime que « le Maroc et le Maghreb peuvent jouer un rôle d’interface entre l’UE et l’Afrique profonde. On peut développer des projets au profit des autorités régionales et locales ». (Fathi B’Chir)

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