La Médiatrice européenne, Emily O’Reilly, a confirmé, mardi 28 février, qu’elle avait lancé une enquête sur la manière dont la Commission européenne a géré le ‘pantouflage’ de José Manuel Barroso à la banque d’affaires Goldman Sachs.
Dans une lettre envoyée le 24 février au président Jean-Claude Juncker, la Médiatrice indique avoir reçu, le 3 février, une plainte d’un collectif de fonctionnaires européens demandant de sanctionner l'ancien président de la Commission ayant rejoint la banque (EUROPE 11724). Les plaignants reprochent à la Commission présidée par M. Juncker de n’avoir pas répondu à leur lettre du 12 octobre 2016 sur la pétition en ligne ayant récolté 150 000 signatures et de n’avoir pas pris de décision formelle concernant les nouvelles activités de M. Barroso.
Emily O’Reilly estime que la plainte est « recevable » et elle a donc décidé de lancer une enquête. Elle estime que la Commission n'a pas rendu de décision « motivée » après l’avis du comité d’éthique ad hoc, lequel a estimé que M. Barroso n’avait enfreint aucune règle du code de conduite des commissaires.
La Médiatrice s’interroge sur la composition du comité d’éthique (est-il suffisamment indépendant ?) et se demande pourquoi il ne peut pas enquêter de sa propre initiative.
Pour répondre à l’émoi qu’a provoqué le pantouflage de M. Barroso, Jean-Claude Juncker a proposé d'étendre la période de latence (durant laquelle, après avoir quitté leur poste, les commissaires ne peuvent pas prétendre à des fonctions importantes dans des entreprises), qui est de 18 mois actuellement, à deux ans pour les anciens commissaires et à trois ans pour le président de la Commission. Mme O'Reilly estime toutefois que cette extension de la période de mise en retrait n’empêchera pas des postes d'ex-commissaires dans le privé pouvant poser des problèmes éthiques. (Lionel Changeur)