Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé, lundi 27 février, la conclusion des négociations du nouvel accord de partenariat renforcé et global entre l’UE et l’Arménie. Les négociations avaient officiellement été lancées en décembre 2015 (EUROPE 11447).
« Ce nouvel accord élargira la portée de nos relations, en tenant compte des nouveaux intérêts mondiaux, politiques et économiques que nous partageons et des défis que nous voulons affronter ensemble », a expliqué M. Tusk devant la presse, ajoutant que cet accord était fondé sur les valeurs communes, telles que la démocratie, les droits de l’homme et l’État de droit. « Nous attendons avec intérêt une coopération renforcée dans des secteurs tels que l'énergie, les transports et l'environnement, de nouvelles possibilités commerciales et d'investissements et une mobilité accrue au bénéfice de nos citoyens », a-t-il ajouté. De son côté, le président arménien, Serge Sargsian, a annoncé que l’UE et l’Arménie prévoyaient de lancer, « dans un proche avenir », un dialogue sur la libéralisation des visas. Selon le président arménien, avant même la conclusion de ce nouvel accord, ces deux dernières années ont été exceptionnellement actives dans le contexte de la coopération Arménie-UE. « Le dialogue politique s'est considérablement intensifié, la coopération dans divers domaines s'est élargie », a-t-il expliqué.
Les réformes en cours ont aussi fait l’objet de discussions. « Nous avons encouragé l'Arménie à poursuivre les réformes sur un certain nombre de questions, notamment le développement économique, l'environnement des affaires, le système judiciaire, les droits de l'homme, la lutte contre la corruption et des mesures pour garantir des élections libres et équitables », a expliqué M. Tusk. M. Sargsian a remercié l’UE pour son soutien « financier, technique et moral important » depuis l’indépendance de son pays, ce qui a permis de réaliser de nombreuses réformes, ajoutant que l’UE fournissait des « ressources importantes » pour la mise en œuvre des dispositions du nouveau Code électoral en Arménie. L’UE a aussi été invitée à envoyer une mission d'observation des élections législatives qui auront lieu en avril, les premières après les réformes constitutionnelles de 2015.
Les deux présidents ont également discuté de la situation au Haut-Karabakh. « Le statu quo est insoutenable. Le conflit a besoin d'un règlement politique rapidement, conformément au droit international. Il n'a pas de solution militaire », a prévenu M. Tusk. « Bien que la partie arménienne soit prête à des compromis mutuels raisonnables, la question est néanmoins fondée sur le droit du peuple de l'Artsakh (Haut-Karabakh) de déterminer son avenir par la libre expression de sa volonté. Il ne peut y avoir aucune autre approche. Le droit du peuple du Haut-Karabakh à l'autodétermination n'est pas seulement consacré dans les documents fondamentaux internationaux, il est également reconnu et incarné dans de nombreuses déclarations des coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, la seule structure spécialisée traitant de ce conflit », a estimé M. Sargsian. (Camille-Cerise Gessant)