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Bulletin Quotidien Europe N° 11717
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POLITIQUES SECTORIELLES / Économie circulaire

L'industrie de la valorisation énergétique des déchets critique les orientations de la Commission

L’industrie européenne de la valorisation énergétique des déchets a accueilli avec une satisfaction modérée les orientations récemment présentées par la Commission européenne pour aider les États membres à tirer parti de cette activité clé pour la transition vers l’économie circulaire (EUROPE 11712).

Si les fournisseurs européens de technologies de valorisation énergétique de déchets, représentés par ESWET (European Suppliers of Waste-to-Energy Technology) ont salué, le 30 janvier, la communication de la Commission, c’est parce qu’ils considèrent que les politiques de gestion des déchets devraient se fonder sur des solutions efficaces et durables pour pouvoir apporter des bénéfices à tous les citoyens. Or, selon eux, taxer l'incinération des déchets et stopper  la construction de nouveaux incinérateurs n'est pas efficace.

La valorisation énergétique des déchets recouvre différents procédés de traitement de ces déchets générant de l'énergie (électricité, chaleur ou production de combustibles dérivés de déchets, par exemple), chacun d'entre eux ayant son propre impact environnemental et son propre potentiel de contribution à l’économie circulaire.

La Commission considère que les procédés de valorisation énergétique des déchets peuvent jouer un rôle dans la transition vers une économie circulaire, pour autant que la hiérarchie dans les modes de gestion des déchets établie par l'UE soit respectée – hiérarchie qui donne la priorité à la prévention et au recyclage des déchets, suivies par toute autre valorisation, notamment la valorisation énergétique, l’élimination étant la dernière option. En 2014, environ 1,5 % de l'ensemble de la consommation finale d'énergie dans l'UE provenait de l'incinération de déchets, de la co-incinération dans des fours et de la digestion anaérobie, rappelle l'institution européenne.

Compte tenu du fait que la capacité d’incinération n’est pas répartie également dans l’UE (plus  de 13 États membres continuent de mettre en décharge plus de 50% de leurs déchets municipaux et n’ont pas, ou presque, de capacité de valorisation), ESWET estime qu’il y a matière à des plans de gestion intégrés, comprenant aussi de nouvelles installations de récupération thermique dans ces régions.

L'association n’est  favorable ni à l’introduction de taxes sur l’incinération, ni à un moratoire sur la construction de nouveaux incinérateurs. « Puisque les installations de récupération d’énergie thermique traitent les déchets qui ne peuvent pas être recyclés, les taux d’incinération dépendent de la recyclabilité des produits. Par conséquent, des taxes sur l’incinération, si elles sont introduites avec des redevances élevées de mise en décharge, conduiront à augmenter les coûts pour les citoyens », argumente ESWET. L’association affirme que les taxes sur l’incinération se sont révélées inefficaces, « même  en Suède, un pays pourtant doté d’une stratégie élaborée de traitement des déchets ». Pour preuve, « le pays a introduit une taxe sur l’incinération des déchets des ménages en 2006 avant de la supprimer en 2010 », souligne ESWET.

S’agissant de la digestion anaérobie, cette technologie a des avantages évidents puisqu’elle traite les biodéchets et fournit des fertilisants à l’agro-industrie, « mais elle n’est adaptée qu’à une partie des déchets », fait valoir ESWET. L’association souligne que la récupération thermique est le seul choix pour le traitement de certains déchets comme les plastiques non recyclables. (Aminata Niang)

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