La légitimité du président du Gabon, Ali Bongo, étant de toute évidence remise en cause, l’Union européenne devrait se préparer à l'éventualité d’imposer des sanctions ciblées, a soutenu le Parlement européen, jeudi 2 février, dans une résolution unique sur la crise de l’État de droit au Gabon et en RDC (voir aussi autre nouvelle).
Cinq mois après une élection présidentielle dont les résultats officiels restent « extrêmement douteux » (EUROPE 11614), selon les termes employés dans la résolution du PE, la crise continue au Gabon, avec des « violations graves des droits de l'homme ». Les députés ne croient pas que la situation va rapidement s’améliorer, puisqu’ils constatent que le dialogue national proposé par M. Bongo semble peu « crédible » et peu « pertinent », d’autant plus que la principale figure de l’opposition, Jean Ping, refuse d’y participer, souhaitant lancer son propre dialogue national.
Dans une telle situation, le Conseil de l’UE ne devrait pas tarder à réagir, plaide le PE, qui suggère de lancer un processus de consultation au titre de l’article 96 de l’Accord de Cotonou, « dès qu'il y aura une absence de progrès dans le dialogue ». Les députés ont notamment réitéré l’appel pour une réforme du système électoral du pays (EUROPE 11632). Dans le cas où le dialogue s’avérerait infructueux, ils invitent le Conseil à envisager des sanctions ciblées à l’encontre de « responsables des violences post-électorales, des abus contre les droits de l’homme et du sabotage du processus démocratique dans le pays ». (Jan Kordys)