login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11715
INSTITUTIONNEL / Lobbying

Plus de la moitié des ex-commissaires et un tiers des anciens eurodéputés adeptes du pantouflage, selon TI

Un tiers des députés européens ayant quitté la politique travaillent désormais pour des organisations ou des firmes qui sont inscrites dans le registre européen des lobbyistes, indique un rapport de Transparency International publié mardi 31 janvier.

Le rapport de cette ONG signale aussi que plus de la moitié des anciens commissaires européens travaillent pour des groupes de pression dans le domaine de l’UE.

« Au-delà des scandales individuels, beaucoup de ceux qui quittent les institutions de l'UE ont maintenant des activités où les risques de conflits d'intérêts ne peuvent être écartés », peut-on lire dans ce rapport. Les auteurs poursuivent en observant que les situations les plus inquiétantes sont celles où les décideurs de l'UE passent directement à des postes où ils tentent d’influencer d'anciens collègues ou lorsque ces personnes rejoignent des organisations précédemment réglementées par leurs services.

Le rapport montre, par exemple, que 26 anciens députés européens ont été embauchés par des cabinets de lobbying à Bruxelles peu après leur départ. Le rapport cite les noms de Sharon Bowles (ADLE, britannique) au sein de London Stock Exchange, Holger Krahmer (ADLE, allemand) chez European affairs, ou encore Silvana Koch-Mehrin (ADLE, allemande) chez GPlus Europe et Wolf Klinz (ADLE, allemand) chez Cabinet DN. 

Des emplois dans le privé en relation avec les institutions de l'UE. Les anciens commissaires de la ‘Commission Barroso II’ ont accepté des postes dans le secteur privé, y compris au sein de groupes comme ArcelorMittal, Uber, Bank of America et Volkswagen, rappelle l'ONG. Dans plusieurs cas, ces emplois impliquent des contacts avec les institutions de l’UE, s'inquiète Transparency International.

L'ancien président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, travaille pour la banque d'investissement Goldman Sachs, l'ancienne commissaire au Numérique, Neelie Kroes, siège au conseil d'administration d'Uber et l'ancienne commissaire Benita Ferrero-Waldner « aurait enfreint le code de conduite en ne divulguant pas un contrat avec Gamesa, une entreprise dans laquelle elle a rapidement travaillé après avoir quitté la Commission en 2014 », souligne le rapport. 

Par ailleurs, 20% des lobbyistes les plus influents ont travaillé auparavant pour les institutions de l'UE et, dans le cas de Google, la proportion dépasse 50%, s'indignent les auteurs du rapport.

La Commission estime être exemplaire

Les règles que la Commission européenne s’impose sont les plus exigeantes qui existent dans les institutions internationales, a déclaré un porte-parole de l’institution présidée par Jean-Claude Juncker. « C’est la réponse à donner à ce rapport » de Transparency International, a ajouté un porte-parole. Il a rappelé que M. Juncker avait proposé, fin 2016, d'étendre la période de ‘mise en retrait’, qui est de 18 mois actuellement, à deux ans pour les anciens commissaires et à trois ans pour le président de la Commission (EUROPE 11674). Transparency International demande d’aller plus loin : 5 ans pour les anciens présidents et 3 ans pour les autres membres du collège des commissaires.

« Ceux qui critiquent la Commission devraient pourtant constater que nous sommes les seuls à être aussi stricts dans le code de conduite qui s'impose aux commissaires », a conclu le porte-parole de la Commission. (Lionel Changeur) 

Sommaire

INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
COUR DE JUSTICE DE L'UE
SOCIAL - EMPLOI
BRÈVES