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Bulletin Quotidien Europe N° 11715
INSTITUTIONNEL / Avenir de l'ue

M. Tusk en appelle à l'unité des Européens face aux déclarations « inquiétantes » de l'administration Trump

Confrontés à une nouvelle donne géopolitique « hautement imprévisible », les Européens n'ont pas d'autre choix que celui d'agir unis pour exister dans un monde dominé par des superpuissances hostiles, a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk, mardi 31 janvier à Tallin, à l'issue d'une rencontre avec les trois leaders des pays baltes.

« Pour la première fois dans notre histoire, dans un monde de plus en plus multipolaire, tant d'acteurs deviennent ouvertement anti-européens ou, au mieux, eurosceptiques. Surtout, le changement d'administration à Washington place l'Union européenne dans une situation difficile, avec une nouvelle administration qui semble remettre en question les 70 dernières années de politique étrangère américaine », a constaté M. Tusk.

L'ancien Premier ministre polonais a appelé les leaders européens, qui se réuniront de manière informelle à vingt-huit puis à vingt-sept à La Valette (Malte) vendredi 3 février, à faire preuve de « courage, détermination et solidarité politique ». « Unis nous tiendrons bon, divisés nous faillirons », a-t-il souligné. Et d'espérer que la célébration, fin mars, du 60ème anniversaire du traité de Rome pourra aussi être l'occasion de rappeler avec fierté ce que les Européens ont accompli depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Les Européens ont réagi en ordre dispersé au récent décret 'anti-immigration' américain, qui pose la question d'un éventuel traitement différencié des Européens possédant aussi la nationalité des pays incriminés par les États-Unis (EUROPE 11714). Ils s'inquiètent de la tournure que prend la politique commerciale américaine (idem). Sur ce point, M. Tusk est d'avis qu'il convient de mettre à profit le changement de cap de la politique commerciale américaine pour intensifier les négociations commerciales en cours entre l'UE et d'autres partenaires intéressés. « L'UE ne devrait pas abandonner son rôle de superpuissance commerciale ouverte (...) tout en tenant à l'esprit que libre-échange signifie commerce équitable ». Et de plaider pour que soit défendu l'ordre international basé sur le respect de l'État de droit. (Mathieu Bion)

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