La Commission européenne devrait lancer, le 2 février, une consultation publique de trois mois sur les contours que devrait revêtir la politique agricole commune (PAC) post-2020, à échéance du cadre financier pluriannuel (CFP) actuel de l’UE (EUROPE 11683).
Dans un discours prononcé jeudi 19 janvier lors de la ‘semaine verte’, à Berlin, le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan, a rappelé que la Commission publiera, d’ici la fin de l’année, une communication sur l’avenir de la PAC. Pour l’aider dans cette entreprise, les services de M. Hogan vont lancer une consultation ouverte au public et aux parties intéressées sur ce thème, qui est lié aux travaux sur le CFP post-2020 (la Commission fera des propositions d’ici fin 2018 sur le sujet). « Notre objectif est de chercher des moyens de moderniser et de simplifier la PAC. Je suis conscient de la complexité de notre politique et je me suis engagé à rendre la PAC plus simple, au profit des agriculteurs européens », a déclaré M. Hogan, dans son discours.
De leurs côtés, les organisations et coopératives agricoles de l’UE, réunies au sein du Copa-Cogeca, auront, le 9 février, au niveau de leurs présidents, un échange de vues sur la PAC post-2020 avec le commissaire Phil Hogan. À ce stade de leur réflexion, elles considèrent que la ‘durabilité’ devrait être le thème essentiel du débat, ses trois ‘piliers (économique, environnemental et social) devant être traités de manière égale et équilibrée. Le Copa-Cogeca défend bien entendu un budget agricole de l’UE « fort et commun », alors que le CFP de l'UE sera confronté aux implications budgétaires du 'Brexit' (voir autre nouvelle). Le budget de la PAC devrait être au minimum maintenu en termes réels, insistent les syndicats agricoles français (FNSEA) et allemand (DBV) dans un communiqué commun publié le 13 janvier.
Davantage d'outils pour gérer les crises
Pour les organisations professionnelles de l’UE, les mesures actuelles (paiements directs, filets de sécurité et assurance risques) doivent être maintenues pour lutter contre la volatilité sur les marchés, mais il faudrait instituer davantage d’outils, notamment pour la gestion des risques (les marchés à terme doivent être développés, par ailleurs).
Le Parlement européen a réclamé aussi, le 14 décembre dernier, de nouveaux outils de prévention et de gestion des crises dans le secteur agricole. Les requêtes du PE vont nourrir également la réflexion sur la PAC post-2020 (EUROPE 11689). (Lionel Changeur)