Le vice-président de la Commission européenne en charge de l'Union de l'énergie, Maroš Šefčovič, s'est dit confiant, jeudi 19 janvier, qu'il n'y aurait pas, cet hiver, de rupture d'approvisionnement en gaz russe destiné au marché de l'UE et transitant par l'Ukraine.
« Je ne m'attends à aucun problème pour les fournitures de gaz vers l'Europe à travers l'Ukraine. Nous sommes en contacts fréquents avec les deux parties pour contrôler la situation et nous assurer que l'hiver se passe bien », a assuré M. Šefčovič en marge du Forum économique mondial de Davos.
« La date pour de nouvelles négociations (trilatérales, NDLR) n'a pas été fixée, mais nous nous entretenons assez fréquemment par téléphone avec Alexander Novak (le ministre russe de l'Énergie, NDLR). Nous verrons quelle sera la situation parce que nous sommes en contact étroit avec les deux parties. Et nous allons surveiller le transit de gaz », a insisté le vice-président de la Commission.
« Je pense que nous avons obtenu des garanties (...) lors des réunions que nous avons eues ensemble, où la Russie a clairement déclaré qu'elle veut être un fournisseur fiable et la partie ukrainienne a répondu qu'elle veut garantir un transit fiable sans rupture. Nous avons eu des assurances écrites, nous avons reçu une lettre du ministre Novak soulignant ce fait », a-t-il ajouté.
La Russie, l'Ukraine et la Commission, au nom de l'UE, sont convenues, lors d'une réunion trilatérale le 9 décembre 2016, de poursuivre leurs pourparlers pour les fournitures de gaz russe à l'Ukraine cet hiver et la sécurisation du transit, à travers l'Ukraine, du gaz russe acheté par l'UE. La Russie envisage de vendre entre 1,5 et 4 milliards de m3 de gaz à l'Ukraine (EUROPE 11687).
Pour M. Šefčovič, l'accord recherché entre la Russie et l'Ukraine est « une question juridique qui doit être convenue entre deux entreprises (les gaziers russe Gazprom et ukrainien Naftogaz, NDLR), car la question est régie par un contrat commercial et, bien sûr, par l'approbation au niveau politique par les ministres de l'Énergie russe et ukrainien ». « Nous essayons de trouver des moyens différents pour résoudre ce problème juridique », a ajouté le commissaire.
Le PDG de Naftogaz, Andriy Kobolev, a indiqué jeudi que le gazier ukrainien était prêt à acheter du gaz russe si un accord complémentaire au contrat principal était signé, dont l'une des clauses serait que Naftogaz prépaie seulement pour les volumes dont il a besoin, selon l'agence russe Itar Tass.
De son côté, M. Novak a insisté sur le fait que le transport de gaz sera strictement conforme au contrat et que les parties ne discuteraient que des volumes et des délais de livraison, mais pas une révision du contrat ou la signature d'un accord supplémentaire. (Emmanuel Hagry)