La Tunisie et l’Union européenne, « conscientes des défis posés par le caractère transnational de la menace terroriste », ont renouvelé, jeudi 19 janvier à Bruxelles, leur volonté de renforcer leur coopération bilatérale dans ce domaine.
Des recommandations concrètes ont été prises dans ce sens lors de la seconde session d’un dialogue politique de haut niveau intitulé « Sécurité et lutte contre le terrorisme ». Cette session a été consacrée au travail commun et aux moyens opérationnels pour contrer « la menace transnationale » sur laquelle les autorités tunisiennes et l’UE ont « partagé leurs analyses respectives ».
La séance était co-présidée par le secrétaire général adjoint pour la politique européenne de sécurité et de défense commune, Pedro Serrano et le directeur général en charge des relations avec l’UE au sein du ministère tunisien des Affaires étrangères, Mohamed Mezghanni. Le coordinateur de l’UE pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerkhove, y a participé.
L’UE et la Tunisie, rapporte un communiqué conjoint, ont profité de l’occasion pour « faire le point » et discuté des « modalités de mise en œuvre des nombreuses actions déjà entamées pour répondre aux défis posés par le terrorisme et la radicalisation ». Les deux se sont réjouies de l’implication de la société civile, consultée auparavant, dans cette lutte cruciale pour le pays. L’UE a tenu à « saluer les efforts déployés par les autorités tunisiennes qui ont permis une nette amélioration de la situation sécuritaire dans le pays ».
M. Mezghanni a souligné l’ampleur du défi, lequel pouvait briser « l’élan pour la démocratie » initié en 2011. « L'horreur du terrorisme est un fléau auquel on n'était ni habitué ni suffisamment préparé. Passé l'effet surprise, la Tunisie s'est mobilisée pour y faire face. Des avancées ont été obtenues et des succès ont été enregistrés », mais qui « ont un coût », a-t-il souligné. « Malgré les acquis réalisés beaucoup reste à faire » compte tenu notamment du « contexte régional encore tourmenté et de la fragilité qui prévaut au niveau des frontières », en particulier avec la Libye.
En réponse, l’UE a indiqué qu’elle « s’engage à continuer de soutenir fermement les autorités tunisiennes dans la lutte contre le terrorisme », émettant ainsi un avis positif sur « la nouvelle stratégie nationale tunisienne ». Cette stratégie « offre une excellente opportunité de procéder avec une approche inclusive » qui respecte « les principes constitutionnels de la Tunisie et les standards internationaux en matière de droits de l'Homme et de libertés fondamentales », estime l’UE. (Fathi B’Chir)