login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11708
Sommaire Publication complète Par article 14 / 38
ACTION EXTÉRIEURE / Commerce

Les négociations post-'Brexit' pour un accord de libre-échange UE/Royaume-Uni ne seront pas prioritaires, avertit Mme Malmström

Deux jours après l'annonce du Premier ministre britannique, Theresa May, que le Royaume-Uni envisageait de quitter le marché unique et de négocier un accord de libre-échange et un accord douanier avec l'UE, après sa sortie du bloc ('Brexit'), la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a averti, jeudi 19 janvier, qu'un accord de libre-échange UE/Royaume-Uni n'aurait pas la priorité par rapport à la quinzaine d'accords commerciaux déjà en cours de négociation entre l'UE et des pays tiers.

Le Royaume-Uni devra se retirer de l'ensemble des 38 accords commerciaux en vigueur entre l'UE et des pays tiers et ne pourra entamer des négociations pour un accord de libre-échange avec l'UE qu'une fois qu'il l'aura quittée, a expliqué Mme Malmström, lors d'une table ronde au Forum économique mondial de Davos, dans des propos relayés par plusieurs médias britanniques.

« Si le Royaume-Uni quitte le marché intérieur et probablement aussi une partie de l'Union douanière, un accord commercial entre l'UE et le Royaume-Uni devra être négocié après son départ », a souligné Mme Malmström, rappelant qu'un accord transitoire devait combler le vide avant qu'un nouvel accord régissant la relation permanente entre l'UE et le Royaume-Uni soit établi.

« Le négociateur en chef de l'UE pour le 'Brexit', Michel Barnier, et son équipe ont été très clairs à ce sujet. Ils pensent qu'à partir du moment où le Royaume-Uni quittera l'UE, probablement en 2019, il y aura une sorte de période de transition », a-t-elle souligné.

Mme Malmström a aussi prévenu que le Royaume-Uni se trouverait ensuite en « queue de peloton » des pays qui négocient un accord de libre-échange avec l'UE et qu'il fera face à une série de négociations extrêmement difficiles après le 'Brexit'. « Nous négocions 15 à 16 accords commerciaux en ce moment ; donc, nous sommes occupés », a-t-elle souligné.

Un casse-tête à l'OMC. Également présent à Davos, le directeur général de l'OMC, Roberto Azevêdo, a estimé qu'il ne sera pas aussi simple qu'on l'imagine pour le Royaume-Uni de recourir à un arrangement a minima avec l'OMC, si elle quitte l'Union douanière et le marché unique de l'UE.

Le Royaume-Uni peut « copier-coller » certains éléments de l'arrangement actuel, mais cela ne sera pas nécessairement une transition sans faille, a averti M. Azevêdo.

« Les modalités du divorce seront très importantes. Le Royaume-Uni ne pourra négocier que lorsqu'il aura rompu le lien avec l'UE. Plus le Royaume-Uni voudra de choses et plus ce sera compliqué. Des questions sont délicates et il devra négocier avec 163 parties », a-t-il aussi prévenu.

Mme May veut « embrasser le vrai libre-échange ». Également présente à Davos jeudi, Mme May a assuré que le Royaume-Uni « allait prendre un nouveau rôle de leader en tant que défenseur le plus fort et le plus énergique du business, des marchés libres et du libre-échange partout dans le monde ». « Nous sommes d'instinct une grande nation mondiale qui négocie avec des pays, non seulement en Europe, mais aussi au-delà de l'Europe (...) Au cœur de [mon plan], il y a la détermination à poursuivre un accord de libre-échange audacieux et ambitieux entre le Royaume-Uni et l'UE. Mais, plus que cela, nous cherchons la liberté de conclure de nouveaux accords commerciaux avec de vieux amis et de nouveaux alliés dans le monde entier », a-t-elle ajouté, se réjouissant d’avoir entamé des discussions avec l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Inde et saluant l’intérêt exprimé par le Brésil, la Chine et les pays du Golfe. « Il s’agit d’embrasser le vrai libre-échange, parce que c'est la base de notre prospérité, mais aussi la meilleure façon de consolider les partenariats multilatéraux et la coopération qui contribuent à bâtir un monde meilleur », a-t-elle conclu. (Emmanuel Hagry)

Sommaire

INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
CONSEIL DE L'EUROPE
BRÈVES
CORRIGENDUM
CALENDRIER
EUROPE / DOCUMENTS