Le Conseil des gouverneurs de la BCE prendra une décision, jeudi 8 décembre, sur la suite à donner au 'quantitative easing' (QE), l'opération consistant à racheter mensuellement 80 milliards d'euros de titres essentiellement publics qui est programmée jusqu'à présent jusqu'en mars 2017.
« Il n'y a pas eu de discussion » concernant une éventuelle extension de l'opération 'quantitative easing' voire un ralentissement ('tapering') éventuel du rythme des achats massifs, a affirmé le président de la BCE, Mario Draghi, jeudi 20 octobre. Il a néanmoins qualifié d'« improbable » que le 'QE' se termine de façon « abrupte ». L'analyse économique démontre la nécessité de préserver le soutien monétaire très substantiel fourni par la BCE pour soutenir la reprise économique, a-t-il en effet fait observer dans ses remarques préliminaires. Et d'ajouter : « Notre décision en décembre vous dira ce que nous ferons dans les mois à venir ».
Lors de sa précédente réunion décisionnelle de politique monétaire, le Conseil des gouverneurs avait demandé à ses services de réévaluer les instruments monétaires en place et de fournir des options sur l'évolution future de la politique menée (EUROPE 11619). « À l'heure actuelle, nous avons des options », mais nous ne nous sommes pas comptés pour savoir qui soutient telle ou telle option, a indiqué M. Draghi, soulignant que le Conseil des gouverneurs était le seul organe de la BCE habilité à prendre des décisions monétaires.
L'ancien président de Banca d'Italia a néanmoins admis que la BCE devrait tôt ou tard tenir compte de la « pénurie » de certains titres sur certains marchés, en référence à la difficulté croissance de l'institut monétaire d'acquérir des titres d'origine notamment allemande. Au vendredi 14 octobre, l'institution européenne avait acquis pour près de 1,1 milliard d'euros de titres publics, dont plus de 255 milliards de titres allemands et 202 milliards de titres français.
En décembre, l'institut monétaire bénéficiera aussi de nouvelles prévisions économiques et en matière d'inflation. Sur le plan économique, la BCE a constaté, jeudi, une reprise économique en zone euro légère, mais continue, tout en pointant une prédominance des risques baissiers tels que le ralentissement de la demande externe et la lenteur des réformes structurelles dans les États membres. Elle a vu d'un bon œil l'extension du plan 'Juncker' d'investissement et elle a plaidé pour une rapide concrétisation de l'Union des marchés de capitaux et le traitement des créances bancaires douteuses ('non performing loans').
L'inflation s'est quant à elle établie à 0,4% en septembre dans la zone euro, après 0,2% en août. Elle devrait progressivement repartir à la hausse en 2017. La BCE s'est à nouveau dite prête à agir si nécessaire pour respecter son mandat consistant à maintenir, à moyen terme, à une hausse des prix sur base annuelle proche mais inférieure à 2%.
Enfin, la BCE a maintenu inchangés, jeudi, les taux d’intérêt des opérations principales de refinancement (0,00%), de la facilité de prêt marginal (0,25%) et de la facilité de dépôt (-0,40%). Ces taux resteront bas pour une période prolongée dépassant largement la fin de l'opération 'QE'. (Mathieu Bion)