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Bulletin Quotidien Europe N° 11650
CONSEIL EUROPÉEN / Russie

Les Européens menacent Moscou de sanctions supplémentaires, en lien avec la crise syrienne

À leur arrivée au Conseil européen, jeudi 20 octobre, les chefs d’État ou de gouvernement européens ont menacé la Russie de sanctions supplémentaires, en lien avec la situation en Syrie. Les relations entre l'UE et la Russie et la situation en Syrie devaient être discutées lors du dîner. 

« Il est difficile, il est impossible de discuter de la Russie et de ne pas se référer à l’attaque de civils et d'hôpitaux à Alep. (…) L’UE devrait garder toutes les options ouvertes, dont les sanctions, si les crimes continuent », a prévenu le président du Conseil européen, Donald Tusk, tout en précisant que le Conseil ne prendrait pas de décision. « La question des sanctions envers la Russie liées à la Syrie n'est pas un sujet de discussion et de décision pour le Conseil européen (…). Bien sûr, toutes les options sont toujours ouvertes, mais, aujourd'hui, le travail de l'UE se concentre d'abord sur l'urgence d'apporter une aide humanitaire à Alep, de sauver des vies (…) », a expliqué Mme Mogherini.

« Nous devons adresser un message clair au régime syrien et à ses alliés, principalement la Russie, sur le fait que transformer Alep en un nouveau Grozny est absolument inadmissible », a estimé le Premier ministre estonien, Taavi Roivas, faisant référence à la destruction de la ville tchétchène par les troupes russes en 1999-2000. Pour la chancelière allemande, Angela Merkel, il était important que le message du Conseil européen soit « clair et univoque », car « ce qui se passe à Alep est inhumain ».

Si pour le président français, François Hollande, la priorité est de prolonger la trêve à Alep, « toutes les options sont ouvertes dès lors qu’il n’y a pas de trêve respectée et la volonté d’écraser Alep, ville martyre ». Il a précisé être venu pour convaincre les Européens de mettre « toute la pression nécessaire » pour que la trêve continue, que l’aide humanitaire arrive et qu’ensuite une discussion politique puisse avoir lieu sur l’avenir de la Syrie. « Il est vital que nous travaillions ensemble pour continuer à mettre la pression sur la Russie pour qu’elle arrête ses épouvantables atrocités en Syrie », a fait écho le Premier ministre britannique, Theresa May.

Son homologue suédois, Stefan Löften, soulignant qu’il était « vraiment inacceptable » de bombarder des convois humanitaires et des hôpitaux, a précisé qu’une option pourrait consister en des sanctions. Il a cependant reconnu qu’il ne devrait pas y avoir l'unité de vues suffisante autour de la table des discussions pour prendre de telles mesures lors de ce Conseil. « Mais cela pourrait être sur la table comme une option pour le futur », a-t-il ajouté. « Ce qui se passe à Alep est inacceptable, je le condamne de la façon la plus ferme, mais est-ce que la sanction est la bonne discussion aujourd'hui ? C'est condamnable, il faut voir de quelle manière », a jugé,  pour sa part, le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel.

Dans le projet de conclusions daté du 19 octobre dont EUROPE a eu copie, le Conseil européen prévient que « l’UE considère toutes les options, dont des mesures restrictives supplémentaires ciblant des individus et des entités soutenant le régime, si les atrocités en cours continuent ». Selon une source européenne, cette phrase a été ajoutée à la demande de « grands États membres » et n’avait pas encore été validée par les ambassadeurs des 28 États membres. Contrairement aux ministres des Affaires étrangères, qui, lundi 17 octobre, avaient demandé la préparation de « mesures restrictives contre la Syrie visant les personnes et entités syriennes soutenant le régime aussi longtemps que la répression se poursuivra », les dirigeants européens ne précisent pas que les mesures concernent uniquement des Syriens, ouvrant la porte à de possibles sanctions contre des Russes. (EUROPE 11647). (Camille-Cerise Gessant)

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