« Le Royaume-Uni quitte l’UE » mais continuera « de jouer pleinement » son rôle tant qu’il en sera membre. Tel est le « message très clair » que le Premier ministre britannique, Mme Theresa May, est venu délivrer jeudi 20 octobre à Bruxelles aux 27 autres dirigeants européens, a-t-elle annoncé en arrivant à son premier Sommet européen. Mme May a également indiqué qu’elle dirait à ses collègues que le Royaume-Uni sera un « partenaire fort et sur lequel on peut compter » après qu’il aura quitté l’UE.
Le Premier ministre britannique était très attendu jeudi sur ses intentions et a reçu par ailleurs plusieurs mises en garde en arrivant à Bruxelles. Le président français, François Hollande, a ainsi promis, à son arrivée au Sommet européen, que, si Mme May « veut un Brexit dur, la négociation sera dure ». La chancelière allemande, Angela Merkel, s’est, elle, contentée, en arrivant, de dire que cette discussion serait brève et que le Royaume-Uni devait maintenant activer l’article 50 du Traité, ce qui sera fait d’ici à la fin mars, a annoncé au début du mois Mme May.
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, était chargé, jeudi 20 octobre, d’inviter Mme May, lors du dîner, à faire le point sur la situation de son pays en vue du déclenchement de l’article 50. À l’entame du Sommet européen, il a infirmé les rapports de presse affirmant que Mme May entrerait dans la « cage aux lions » en arrivant à la table de ses homologues. « Ce n’est pas vrai. C’est plus un nid de colombes. Elle sera entièrement en sécurité avec nous. Et j’espère qu’elle pourra aussi réaliser que l’UE est tout simplement la meilleure entreprise dans le monde », a-t-il ironisé.
Martin Schulz, le président du PE, a expliqué pour sa part aux leaders européens, au commencement du Sommet, que son institution saluait le fait « qu’il y ait maintenant davantage de visibilité quant à la date de notification, par le Royaume-Uni, de son retrait au titre de l’article 50 ». Mais, a-t-il rappelé, « cette annonce n’équivaut pas à la notification proprement dite au titre de l’article 50. Rien n’a changé : nous n’entamerons pas de négociations avant réception de la notification. Aucune négociation préalable n’est donc envisagée ». Pour Martin Schulz, le PE « devra être pleinement associé, et ce dès le premier jour, à la définition des nouvelles relations entre l’Union et le Royaume-Uni, en particulier parce qu'il doit donner son accord à tout traité de retrait et à tout traité ultérieur définissant ces relations ». Traiter le Parlement « comme un obstacle plutôt que comme un partenaire dans ce processus serait, par conséquent, une grave erreur », a-t-il mis en garde. (Solenn Paulic)