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Bulletin Quotidien Europe N° 11643
POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

L’UE prendra sa juste part dans les 100 milliards de dollars par an et donnera un chiffre avant la COP 22

Les ministres européens de l’Économie et des Finances ont réaffirmé, mardi 11 octobre à Luxembourg, que l’UE et ses États membres prendront leur juste part dans les 100 milliards de dollars par an promis à l’horizon 2020 par les pays industrialisés pour soutenir les efforts d’atténuation (réduction des émissions de gaz à effet de serre) et d’adaptation au changement climatique des pays en développement.

Ils ont réaffirmé aussi qu’ils feront le nécessaire pour garantir la montée en puissance des ressources publiques requises à cette fin. Pour autant, ils n’ont, à ce stade, avancé aucun chiffre ni indiqué comment ils feraient, au grand dam des ONG.

Un chiffre sera publiquement communiqué avant la COP 22 de Marrakech (7 novembre-18 novembre) et un autre chiffre sera établi pour l’horizon 2025, comme le prévoit l’Accord de Paris, souligne le Conseil Économie/Finances dans des conclusions unanimes. Ces conclusions et celles adoptées par le Conseil Environnement le 30 septembre dernier constituent le mandat de négociation de l’UE pour la COP 22 (EUROPE 11636).

Le Conseil invite la Commission européenne à lui présenter à temps, une vue d’ensemble du financement climatique de l’UE et de ses États membres, avec les chiffres consolidés des contributions individuelles des Vingt-huit de l’année 2015. Au 3 octobre, 18 États membres avaient communiqué leur chiffre à la Commission.

Le chiffre collectif (UE + États membres) sera soumis aux ambassadeurs des États membres auprès de l’UE (Coreper) avant d’être annoncé publiquement, probablement début novembre.

« Le changement climatique est, sans aucun doute, un défi mondial très grave et une action rapide demeure une priorité majeure de l’UE. Le financement climatique public continuera de jouer un rôle central », a déclaré le ministre slovaque des Finances, Peter Kazimir, à l’issue de la réunion qu’il a présidée. Et de rappeler toutefois que le financement climatique requiert un large éventail de sources, y compris des sources innovantes.

Si les pays industrialisés doivent assurer le leadership du financement, comme le prévoit l’Accord de Paris qui encourage aussi les autres pays à participer, le Conseil tient à rappeler que « l’UE et ses États membres fournissent une part substantielle du financement public ». Il souligne « la nécessité d’un partage équitable entre les pays développés et la participation future d’un éventail plus large de contributeurs ». Les ministres avaient en tête des pays comme la Chine et l’Inde.

À EUROPE qui l’interrogeait sur la contribution de la France pour aider les pays en développement à s’adapter au changement climatique, le ministre français, Michel Sapin, a répondu qu’une recapitalisation de 2 milliards d'euros permettait à l'AFD (Agence française de développement), avec un effet de levier, de lever des fonds et qu’une augmentation des crédits en faveur du développement était prévue dans le projet de budget 2017. « La France respecte parfaitement les engagements qu'elle a pris lors de la conférence pour le climat », a-t-il assuré.

Un manque de clarté. L’ONG Climate Action Network Europe (CAN Europe) a salué l’engagement renouvelé des ministres des Finances à fournir des financements publics pour s’attaquer tant aux causes qu’aux impacts du changement climatique. Elle a toutefois déploré le manque de clarté sur la manière dont cet engagement montera en puissance. « Le langage est trop faible, montrant de nouveau la réticence des ministres des Finances à s’engager en faveur d’un soutien prévisible et adéquat pour l’action climatique. L’UE et ses États membres continuent d’éluder la question cruciale de la montée en puissance du soutien pour l’adaptation, les pertes et les dommages », a déclaré Maeve McLynn, de CAN Europe, estimant que l'ouragan Matthew devrait rappeler le monde à ses devoirs à l'égard des pays les plus vulnérables. (Aminata Niang et Mathieu Bion)

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