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Bulletin Quotidien Europe N° 11643
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ACTION EXTÉRIEURE / Syrie

L’UE prépare des options pour aider à préserver l’espace politique pour une sortie de crise

La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a annoncé, lundi 10 octobre, que l’UE étudiait des options pour contribuer à faire en sorte que soit préservé l’espace politique pour trouver une solution à la crise syrienne. La question sera discutée lors du déjeuner du Conseil Affaires étrangères, lundi 17 octobre à Luxembourg.

« Si vous dites qu'il n'y a que la possibilité d'une solution politique, vous devez créer l'espace politique pour des discussions. Cela nécessite une bonne volonté de tous les côtés et il y a beaucoup d'interrogation à ce sujet ces jours-ci. Mais cela exige aussi de la patience, je dirais même de l'entêtement, et l'Union européenne a fait preuve de résilience à cet égard », a-t-elle expliqué lors d’une conférence à Stockholm avec la ministre des Affaires étrangères suédoise, Margot Wallström. Mme Mogherini a ainsi jugé que « le pire fait politique qui puisse se produire maintenant serait que l'espace pour une solution politique se ferme définitivement et que la seule voie soit celle des armes ». « C’est quelque chose que nous ne pouvons pas permettre », a-t-elle ajouté. la Haute Représentante a prévenu que l’UE était prête à faire sa part du travail concernant la voie diplomatique et politique.

Selon une source européenne, l’objectif absolu de la Haute Représentante est de garder la voie politique ouverte. Et si certains États membres, tels que l’Allemagne, seraient favorables à des sanctions contre la Russie en lien avec la Syrie, d’autres, tels que la France, seraient plus réticents. Selon une source diplomatique, l’action de la Russie en Syrie justifierait plutôt la non-levée des sanctions actuelles, plutôt que de nouvelles sanctions, alors que Moscou est déjà soumise de nombreuses sanctions liées à la crise ukrainienne. Plusieurs sources ont précisé à EUROPE qu’il n’y avait pas de proposition de sanctions sur la table. Pour l’instant « ce sont des discussions dans les médias », a commenté une source.

Les tensions se sont encore accrues, le 8 octobre, quand la Russie a opposé son veto à une résolution française et espagnole au Conseil de sécurité des Nations Unies, qui appelait à la fin des bombardements à Alep. C’est ensuite une résolution russe, qui appelait à la cessation des hostilités sans pour autant demander spécifiquement un arrêt des bombardements à Alep, qui a été rejetée. La Haute Représentante a d’ailleurs estimé, depuis Stockholm, qu’il était « très triste » de voir le Conseil de sécurité « dans une telle impasse » « et en particulier la Russie utilisant son droit de veto sur une résolution qui a été soutenue par tant de membres de l'ONU ». « Il est en effet extrêmement important que nous préservions l'espace politique du dialogue et de la diplomatie », a-t-elle jugé. (Camille-Cerise Gessant)

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