Plusieurs États membres de l’Union européenne, dont la France, l’Espagne et l’Italie, ont soutenu, lundi 10 octobre à Luxembourg, l’idée de la Commission européenne de mettre en place un plan de gestion pour aider à la reconstitution du stock d’espadon dans la mer Méditerranée.
Mais les États sont assez partagés sur l’idée d’introduire, dans le cadre de ce plan de récupération du stock, un 'total admissible de captures' (TAC) pour permettre à l’espadon, surexploité, de retrouver des couleurs.
La ministre espagnole de la Pêche, Isabel García Tejerina, a souligné qu’elle acceptait la mise en place d’un TAC, à condition que cela se fasse de manière graduelle et qu'on tienne compte des captures historiques réalisées au cours des cinq dernières années. Malte et Chypre ont exprimé des doutes sur l’efficacité d’un TAC européen pour l’espadon. L’Italie et la France se sont montrées plus ouvertes, mais à condition de prévoir certaines mesures.
Les ministres de la Pêche ont procédé à un échange de vues sur la position à prendre par l'UE lors de la 20ème réunion spéciale de la commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA), prévue du 14 au 21 novembre 2016 au Portugal. La Présidence slovaque du Conseil va poursuivre les débats avec les experts des États membres pour trouver une position commune.
« Sur l’espadon de la Méditerranée, nous avons eu une première discussion positive sur la position de l’UE en vue de la prochaine réunion de la CICTA. Il est impératif que l’UE adopte une position juste pour gérer le stock de manière durable », a indiqué à la presse le commissaire européen à la Pêche, Karmenu Vella. « Si l’espadon disparaît, les emplois liés à la pêche disparaîtront aussi », a-t-il ajouté.
M. Vella a demandé le soutien des États membres pour mettre sur la table de la CICTA une proposition en faveur d’un plan de reconstitution de l’espadon, prévoyant l’introduction d’un TAC. L’UE est responsable de 80% des captures d’espadon dans la zone de la CICTA, elle se doit donc d’agir, a souligné M. Vella. « Le coût de l’inaction serait la perte de presque 1000 navires de pêche et de centaines d’emplois au cours des prochaines années », a mis en garde le commissaire. (Lionel Changeur)