Le vice-président de Conseil de la Choura d’Arabie saoudite, Mohammad Al-Jefri, a souhaité, mardi 11 octobre, que l’Union européenne intervienne auprès de l’Iran pour qu'il arrête de financer le terrorisme et abandonne son attitude expansionniste.
« Si vous pouvez influencer l’Iran, non par la menace, mais par la raison, persuader l’Iran de ne pas appuyer des organisations terroristes », a-t-il lancé aux députés de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, rappelant que le Hezbollah avait officiellement déclaré être financé par l’Iran et que son bras armé est considéré comme une organisation terroriste par l’UE. Selon M. Al-Jefri, l’Iran est à la tête des pays qui financent le terrorisme. Il a ajouté que, pour que Riyad ait de bonnes relations avec Téhéran, il fallait que ce dernier « cesse de soutenir la violence et arrête son expansionnisme dans la région ». « On ne peut pas vivre en paix avec un pays qui essaie d’avoir la mainmise sur la région », a-t-il ajouté. Plus généralement, le vice-président du Conseil de la Choura a appelé l’UE à conjuguer ses efforts avec ceux de l’Arabie saoudite pour lutter contre le terrorisme.
M. Al-Jefri est aussi revenu sur la situation au Yémen. Son pays est à la tête d’une coalition en soutien au président Hadi, qui lutte contre les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran. Selon le vice-président, s’il n’y a pas de réfugiés yéménites de par le monde c’est parce que « l’Arabie saoudite est soucieuse des civils au Yémen, de ne pas cibler les hôpitaux, les installations civiles, mais se concentre sur les installations militaires ». L’ONU dénonce pourtant une situation humanitaire catastrophique dans le pays : plus de 20 millions de Yéménites, soit 80% de la population, ont besoin d'une assistance humanitaire. Interrogé par plusieurs députés sur les raids aériens qui ont fait plus de 140 morts pendant le week-end (EUROPE 11642), il a précisé que son pays avait manifesté ses regrets et qu’avec le soutien des États-Unis, il allait ouvrir une enquête sur ce qui s’est produit. « D’après les informations reçues, il n’y aurait pas de preuves concrètes que c’est vraiment la coalition (qui est responsable, NDLR), mais il ne s’agit pas de nier, mais de commanditer une enquête », a-t-il expliqué.
Enfin, questionné sur le Prix Sakharov 2015, le blogueur saoudien Raif Badawi (EUROPE 11455), dont les Européens demandent la libération, M. AL-Jefri s’est montré ferme. « Nous croyons à la séparation des pouvoirs. (…) Tout ce qui est juridique est neutre, nous ne pouvons pas nous immiscer », a-t-il répondu aux députés, leur rappelant qu’il n’était « jamais venu (leur) dire que ce qu’(ils faisaient) était en contradiction avec tel ou tel droit ». « Les droits de l’homme sont respectés proportionnellement aux valeurs du pays, il ne faut pas que ce respect soit une violation des normes et des valeurs du pays en question », a-t-il jugé. (Camille-Cerise Gessant)