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Bulletin Quotidien Europe N° 11643
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CONSEIL DE L'EUROPE / Russie

François Hollande annonce la tenue d’un sommet en 2019 et se dit prêt au dialogue avec Vladimir Poutine

Le difficile dialogue avec la Fédération de Russie, que ce soit à propos de la Syrie ou de l'Ukraine, a été le thème principal de l'intervention du président français, François Hollande, mardi 11 octobre, devant l’Assemblée parlementaire (APCE) réunie en séance plénière cette semaine à Strasbourg.

« Plus que jamais, nous avons besoin du Conseil de l’Europe. Ses valeurs doivent encore nous inspirer », a déclaré M. Hollande, avant de saisir l'opportunité de cette intervention pour annoncer l’organisation d’un sommet du Conseil de l’Europe (COE) en 2019, année du 70ème anniversaire de l’institution. Son discours devant cette assemblée a en même temps été celui du premier chef de l’État français depuis la venue de Jacques Chirac en 1997. Le sommet en 2019 devrait se dérouler à Strasbourg, selon Harlem Désir, secrétaire d’État français chargé des affaires européennes, qui accompagnait le président. 2019 sera d'ailleurs l'année durant laquelle la France doit assurer la présidence tournante du COE.

Très attendu sur la question des relations tendues avec la Russie, surtout après le récent veto russe à la résolution sur la Syrie présentée par la France au Conseil de sécurité des Nations unies, M. Hollande a rappelé que « Vladimir Poutine devait venir à Paris prochainement » (le 19 octobre, NDLR). « Je pouvais concevoir cette visite si elle permettait de parler de la Syrie et uniquement de la Syrie », a-t-il dit. « Je l’ai fait savoir. Il a préféré reporter cette visite ce qui n’empêchera pas d’autres discussions », a-t-il assuré.

En l’état, comme il l’avait rappelé dans son discours, « la France a un désaccord majeur avec la Russie sur la Syrie » et si le « dialogue est nécessaire », il faut qu’il soit « ferme et franc », fondé sur « des bases claires » et précédé de « la fin des bombardements auxquels participe la Syrie ». « Alep c’est la conscience humaine qui nous interpelle », a-t-il martelé.

Il a également évoqué la question ukrainienne, à la veille de sa rencontre prévue avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président russe, Vladimir Poutine, au sujet des accords de Minsk. « Je me suis personnellement engagé dans le format 'Normandie' » (France, Allemagne, Ukraine et Russie). Il a néanmoins admis que les progrès restaient trop lents et souligné qu'il fallait avancer sur les plans politiques et militaires. Il s'est dit prêt à organiser une nouvelle réunion dans un tel format.

En ce qui concerne la crise des migrants, François Hollande se dit certain que « la réponse passe par le contrôle des frontières extérieures de l’Union européenne, y compris pour répartir efficacement les réfugiés » et s’engage à ce que la France en accueille 30 000 d’ici à 2017. Il est également revenu sur le démantèlement du camp de Calais en promettant que chacune des 7 000 personnes qui y vivent « dans des conditions qui ne sont pas dignes » sera accueillie dans un centre où elle pourra faire ses démarches de demande d’asile.

Quant à l’état d’urgence instauré en France après les attentats de Paris en novembre 2015, le président français a voulu rassurer les membres de l’APCE. Cela a certes impliqué le recours à l’article 15 de la Convention européenne des droits de l’homme autorisant un État à suspendre certains droits qu’elle garantit, mais en France « l’impératif de sécurité reste sous le contrôle du judiciaire et les mesures décidées pour donner à l’autorité administrative les moyens indispensables sont proportionnées et validées par le Conseil constitutionnel ». La question se pose différemment en ce qui concerne la réaction de la Turquie après la tentative de coup d’État, a-t-il précisé, mais, là encore, « la position de la France reste toujours le dialogue et toujours pour la paix ». (Véronique Leblanc)

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