Pour protéger le climat, les députés membres de la commission de l’environnement du Parlement européen ne lésinent pas sur le niveau d’ambition requis de la part de l’UE et de tous les pays du monde. Non contents de recommander au Parlement européen de donner son consentement à la ratification de l’Accord de Paris et de presser l’UE de le ratifier rapidement (EUROPE 11619), ils demandent aussi une révision à la hausse des objectifs de l’UE pour l’horizon 2030.
Et pour cause : les offres de contributions nationales actuellement sur la table ne permettront même pas à la communauté mondiale de se rapprocher de l’objectif de 2 degrés Celsius, souligne le projet de résolution qu’ils ont adopté à une majorité écrasante (48 voix pour, 1 contre, 2 abstentions) en vue de la COP 22 (Marrakech, 7-18 novembre) (EUROPE 11618).
Les députés sont d’avis que relever le niveau d’ambition est une urgence et d’une importance cruciale, à moyen terme, mais à long terme aussi. Ils appellent aussi la Commission européenne à préparer une stratégie permettant à l’UE de s’orienter au moindre coût vers l’objectif de zéro émission à l’horizon 2050.
Si les transports aériens et maritimes internationaux ont été épargnés par l’Accord de Paris, les députés insistent sur la nécessité que l’Organisation internationale de l’aviation civile (OACI) et l’Organisation maritime internationale (OMI) se fixent, avant la fin de l’année, « des objectifs adéquats » de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre afin de prendre leur part dans la lutte mondiale contre le changement climatique (pour l’OACI, voir autre nouvelle dans ce bulletin).
En matière de financement, ils appellent à des efforts pour garantir que la mobilisation des 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020, promis pour soutenir les pays en développement, soit bien assurée, et citent, parmi les sources de financement additionnelles possibles, une taxe sur les transactions financières, une partie des recettes des enchères du système d’échange de quotas d’émission (ETS) ou des revenus qui proviendront des mesures européennes et internationales sur la réduction des émissions des secteurs des transports aérien et maritime.
La résolution appelle à la reconnaissance du problème des ‘réfugiés climatiques’, sans toutefois demander que soit reconnu un statut spécial – une option que le groupe PPE ne peut accepter.
Reprenant des amendements de députés britanniques qui songent à l’après-'Brexit', le texte demande aussi que l’UE respecte les engagements qu’elle a pris au titre de l’Accord de Paris, quel que soit le changement de statut des États membres de l’UE et de faire son maximum pour que tout État membre, dont le statut changerait, continue à participer au marché européen du carbone.
Ce projet de résolution sera soumis au vote du Parlement européen lors de la première session plénière d’octobre. Il fait suite à une question avec demande de réponse orale sur les mesures que compte prendre la Commission pour que la COP 22 permette : de progresser sur les éléments clés de l’Accord de Paris ; d’influer sur le dialogue de facilitation de 2018 sur le niveau d’ambition, qui sera une occasion privilégiée de combler l’écart persistant entre les contributions actuelles et les réductions d’émission de gaz à effet de serre requises ; d’amplifier la mobilisation des fonds pour atteindre l’objectif commun de 100 milliards de dollars par an, d’ici à 2020. (Aminata Niang)