Sir Julian King, qui sera auditionné par la commission des libertés civiles du Parlement européen lundi 12 septembre à Strasbourg, promet d’agir pour renforcer les mesures contre le terrorisme et le crime organisé s’il est nommé commissaire européen à l’Union de la sécurité.
Le commissaire-candidat, un habitué des arcanes européens, déclinera certes la feuille de route de l’Agenda européen pour la sécurité de 2015, mais il estime surtout nécessaire de renforcer l’action anti-terroriste de l’Union européenne dans la sphère numérique.
« Il faut investir beaucoup plus dans la cyber-sécurité », déclare M. King dans ses réponses écrites aux questions préalables que lui ont posées les députés européens. Et d’ajouter : « Renforcer notre résistance (aux attaques) requiert aussi des améliorations dans le partage de l’information et nous devons analyser l’ensemble des systèmes informatiques pour voir où des améliorations sont nécessaires ».
M. King entend aussi s’attaquer aux défis relevés pour rendre plus efficaces et interopérables les systèmes d’information existants, tels que le Système d’information Schengen ou la base de données des documents de voyage volés d’Interpol (EUROPE 11536). Il rappelle que la Commission a mis en place un groupe d’experts de haut niveau chargé de plancher sur les obstacles juridiques, techniques et opérationnels à une meilleure interopérabilité de ces systèmes d’information.
Par ailleurs, M. King souhaite travailler avec les États membres – et éventuellement de faire pression sur eux si nécessaire – pour que les actes législatifs déjà agréés soient concrétisés. Une assistance technique et financière est notamment envisageable pour aider les États à mettre en place des unités spécialisées dans le cadre de la directive ‘PNR’ sur le transfert des données des passagers aériens (EUROPE 11450). « Je ne reculerai pas devant la nécessité de lancer des procédures d’infraction », promet le diplomate britannique.
L’une des difficultés de la mission de M. King consistera à coordonner son action avec d’autres commissaires, dont M. Avramopoulos chargé des Migrations et des Affaires intérieures. Le commissaire-candidat assure qu’il inscrira son action dans le travail collégial de la Commission, œuvrera en coordination constante avec M. Avramopoulos et sera en contact régulier avec les députés.
M. King, qui a notamment été chef de cabinet de deux commissaires et est actuellement ambassadeur britannique en France, se dit « fier » d’être Britannique et Européen, et ne voit « aucune contradiction entre les deux ». Demandant que le choix des Britanniques de quitter l’UE soit respecté, il estime néanmoins que l’UE a un rôle clé à jouer dans les domaines de sa future compétence et d’affronter les menaces transnationales.
Le commissaire-candidat a été proposé par l'ancien premier ministre David Cameron après la démission de Jonathan Hill en réaction au référendum britannique de juin remporté par les partisans d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE (EUROPE 11580). (Mathieu Bion)