Les ministres des Finances de l’eurozone ont à nouveau pressé leur homologue grec Euclide Tsakalotos d’accélérer la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre du 3ème plan de sauvetage grec, vendredi 9 septembre à Bratislava lors de la réunion de l'Eurogroupe.
Après la pause estivale, la Grèce était supposée recevoir 2,8 milliards d’euros du Mécanisme européen de stabilité (MES), mais les 15 actions préalables requises de sa part en contrepartie n’ont pas été totalement mises en œuvre.
Selon le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, seules deux actions préalables sont satisfaites. Cela ne veut pas dire que, pour les treize autres, la Grèce n’a fait aucun progrès, a-t-il toutefois précisé. Les engagements que doit encore tenir la Grèce « portent sur des éléments fondamentaux du programme » comme les privatisations, la réforme du marché de l’énergie, et l’établissement d’une agence indépendante de collecte des revenus.
Le gouvernement grec semble décidé à appliquer ces mesures d’ici la fin du mois. « Dans un monde idéal, pour être tout à fait franc, on aurait aimé voir plus de progrès qu’au stade où nous en sommes », a encore déclaré Pierre Moscovici, notant toutefois une intensification des efforts à Athènes ces derniers jours. Ses équipes, de même que celles des autres 'institutions' chargées d'évaluer la mise en œuvre du programme, seront sur place la semaine prochaine pour une mission préparatoire, alors que la seconde mission de suivi du plan d'aide grec doit débuter en octobre. Finaliser les réformes attendues dans les délais prévus « faciliterait les échanges » pour cette seconde mission, a encore expliqué M. Moscovici.
La disponibilité de la somme de 2,8 milliards d’euros expirera fin octobre, a prévenu le directeur général du Mécanisme européen de stabilité, Klaus Regling.
« Ce n’est pas nouveau qu’avec la Grèce on voit la mise en œuvre des mesures convenues dans la phase finale du délai sur lequel nous nous sommes mis d’accord », a d’ailleurs estimé Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances. Le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, s’est quant à lui réjoui du fait que le ministre grec a promis que le travail serait fait rapidement.
Situations budgétaires en Espagne et au Portugal. Le commissaire Moscovici a, par ailleurs, été interrogé sur le gel des fonds structurels et d'investissement (fonds ESI) pour l’Espagne et le Portugal, une mesure envisageable puisque les deux pays ibériques n'ont respecté leur trajectoire de réduction du déficit public entre 2013 et 2015 (EUROPE 11619).
Fin juillet, la Commission avait proposé d’annuler les sanctions financières à l'encontre de Madrid et de Lisbonne au titre de la procédure pour déficit excessif, mais le volet 'gel des fonds européens' doit encore être tranché. Le PE a demandé la tenue d'un dialogue structuré sur cette question (EUROPE 11619), étape autorisée par la législation européenne et que M. Dijsselbloem espère la plus rapide possible.
La décision que prendra le Conseil sur base d'une proposition de la Commission « peut être à double détente, avec, d’une part, la suspension des fonds et d’autre part la levée de la suspension » si les efforts nécessaires sont faits par les deux pays, a expliqué M. Moscovici. (Elodie Lamer)