En réponse à la demande des ONG environnementales de réformer amplement la politique agricole commune, le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan, a relevé, jeudi 8 septembre, qu'aucun accord n'avait encore été conclu sur le sujet entre les membres de la plateforme REFIT, qui s’occupe du programme de la Commission européenne visant à simplifier la législation.
Le commissaire Hogan a rencontré, jeudi, des représentants du Bureau européen de l'environnement, de BirdLife Europe et du WWF Europe pour « un large débat sur la mise en œuvre et l'évolution future de la politique agricole commune », indiquent les services du commissaire.
En mars dernier, plus de 50 ONG qui s'occupent d'agriculture, de développement, d'environnement, de climat, de bien-être des animaux, des systèmes alimentaires et de santé publique, avaient envoyé une lettre au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour réclamer une véritable réforme de la PAC (EUROPE 11517).
M. Hogan s’est voulu rassurant face aux attentes des ONG, en se disant prêt à discuter et « évaluer la performance de la PAC ». Le commissaire a noté qu'une évaluation de la PAC et de son orientation future pouvait prendre de nombreuses formes, « à condition que cette évaluation se fonde sur des faits et des chiffres et sur une discussion éclairée sur les performances de la PAC ».
Sur le verdissement des aides, justement, M. Hogan a indiqué aux ONG que la révision de ces règles (un an après leur mise en oeuvre) « offre la possibilité de renforcer davantage le résultat environnemental du verdissement dans le court terme ». En outre, un rapport d'évaluation sur la mise en œuvre des dispositions sur les surfaces d’intérêt écologique (les agriculteurs possédant des terres arables de plus de 15 hectares doivent veiller à ce qu'au moins 5% de ces terres constituent des surfaces d'intérêt écologique bénéfiques pour l'environnement) sera présenté par la Commission d'ici la fin du mois de mars 2017. Le commissaire a déclaré que « si les preuves initiales suggèrent que le verdissement fonctionne, il faudrait en faire davantage pour s’assurer que le système fonctionne mieux et donne de meilleurs résultats ». Les décisions pour améliorer la performance du verdissement doivent être fondées sur des preuves et le commissaire a invité les ONG environnementales et les autres parties prenantes à déposer des contributions sur la manière de simplifier et améliorer le système « sans compromettre les résultats ou le niveau d'ambition environnemental ».
Enfin, M. Hogan s’est dit entièrement d'accord sur le fait que préservation de l’environnement et action pour le climat doivent être « au cœur de tout débat politique » et qu'il restait encore des progrès à faire à pour honorer les obligations de l’UE découlant des accords internationaux, en particulier en ce qui concerne l’accord sur le climat de Paris (COP21). (Lionel Changeur)