Bruxelles, 29/02/2016 (Agence Europe) - Une étude externe publiée fin 2015 par la Commission européenne recommande aux États membres d'améliorer leurs systèmes de comparaison externe des prix (CEP). Selon l'Institut autrichien de planification et de recherche Gesundheit Österreich GmbH, cette mesure permettra de générer des économies, mais n'aura toutefois pas de véritable impact sur l'accès aux médicaments.
L'étude de 260 pages, dont un résumé est paru mercredi 24 février, porte sur le renforcement de la coordination entre les pays dans le domaine de la régulation des prix des produits pharmaceutiques. Elle part en effet du constat qu'il y a un besoin urgent d'assurer l'accès des patients aux médicaments nouveaux - éventuellement innovants - et ce, à la lumière des nouveaux médicaments coûteux. Elle examine dans ce contexte les systèmes de comparaison externe des prix (CEP) et la tarification différenciée (TD). La première correspond à la pratique d'utiliser le(s) prix d'un médicament dans un ou plusieurs pays en vue de calculer une référence ou prix de référence pour fixer ou négocier le prix d'un médicament dans un pays donné. La seconde décrit la stratégie d'avoir des prix différents pour le même produit facturé à des clients différents.
Globalement, l'étude donne sa faveur à la comparaison externe des prix, qui permet de générer des économies. En 2015, 25 États membres de l'UE fixaient les prix de leurs médicaments (au moins de quelques médicaments) en se basant sur des comparaisons de prix avec d'autres pays (l'Allemagne, la Suède et le Royaume-Uni font exception). « Les États membres pourraient améliorer leurs systèmes de CEP, notamment en faisant des révisions régulières des prix tout en tenant compte des réductions (statutaires) », affirme l'étude, qui note toutefois qu'il ne s'agit pas d'un outil de coopération en soi et que « ces mesures aideront surtout à générer des économies et non à améliorer l'accès aux médicaments ». L'étude estime dans un deuxième temps que la mise en oeuvre d'une tarification différenciée semble être irréalisable dans l'UE dans le court terme. « Elle devrait être soutenue par d'autres options stratégiques, y compris la concurrence des génériques, les achats groupés, les licences volontaires et obligatoires », note l'étude.
En conclusion, elle n'apporte son soutien plein et entier à aucune des deux politiques (CEP et TD) pour améliorer l'accès aux médicaments. Elle encourage toutefois les États membres à « envisager d'explorer d'autres nouvelles politiques pharmaceutiques, telles que des initiatives d'achat en commun qui ne sont pas comprises dans le cadre de cette étude ». (Sophie Petitjean)