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Bulletin Quotidien Europe N° 11501
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

Les agriculteurs irlandais demandent la levée des taxes à l'importation sur les fertilisants

Bruxelles, 29/02/2016 (Agence Europe) - Les agriculteurs irlandais ont réclamé, lundi 29 février à Bruxelles, l'abolition des droits de douane et des taxes sur les importations de fertilisants (engrais), au motif que les prix pratiqués par les industriels des engrais sont exagérément élevés.

L'Association des agriculteurs irlandais (Irish Farmers'Association) a salué les résultats d'une étude commandée à l'International Food Policy Research Institute (IFPRI), qui conclut que les agriculteurs de l'UE gagneraient beaucoup si l'UE décidait d'abolir les taxes et droits à l'importation sur le marché européen des fertilisants.

Le président de l'IFA, Jer Bergin, a déclaré qu'il s'attendait à une enquête de la Commission européenne sur la concurrence au sein du marché des fertilisants. Il a préconisé, pour réduire le coût des agriculteurs, l'abolition des droits et taxes aux frontières « qui ne servent qu'à protéger les producteurs européens d'engrais au détriment des agriculteurs ».

Cartel dans le secteur des fertilisants?

En s'appuyant sur l'étude de l'IFPRI, Jer Bergin a émis l'hypothèse d'un cartel et d'opérations de fixation de prix dans le marché très concentré des fertilisants. Un effort de la Commission dans ce domaine des droits à l'importation sur les fertilisants aiderait les agriculteurs de l'UE à surmonter la période actuelle de crise, a-t-il souligné.

Antoine Bouët, de l'IFPRI, a évoqué aussi ce risque de cartel. Il a mis en lumière un haut degré de concentration dans le secteur, en termes géographique (Chine, Inde, Russie, Ukraine, Belarus) et d'industries (trois grandes entreprises se partagent le marché en Europe). « Nous suspectons des comportements de cartel, en termes de fixation des prix à des niveaux anormaux, à cause d'un manque de concurrence », a dit M. Bouët. L'étude montre qu'entre 1970 et 2002, les prix des fertilisants ont augmenté de 123% dans les pays européens, et ont baissé de 65% dans d'autres pays, comme le Brésil.

Un coût de près d'un milliard d'euros pour les agriculteurs de l'UE

L'étude conclut que la levée des droits et taxes à l'importation permettrait: - une baisse de 5,3% en moyenne des prix des engrais en Europe ; - des gains nets pour l'UE s'élevant à 481 millions d'euros: +920 millions pour le secteur agricole, mais des pertes de 123 millions pour l'industrie des fertilisants et de 315 millions pour les gouvernements européens (en termes de revenus publics) ; - la création de 17 245 emplois dans l'agriculture (surtout dans les secteurs céréales, fibres et agroalimentaire).

Pekka Pesonen, le secrétaire général du Copa-Cogeca, a préconisé la mise en place d'un « marché dynamique » dans lequel les charges et les revenus sont partagés de manière équitable entre les agriculteurs et les fabricants d'engrais. Selon lui, la baisse des prix dans le domaine de l'énergie ne s'est pas suffisamment reflétée dans les prix des fertilisants. « Nous demandons une approche plus ouverte du marché international des fertilisants, surtout vis-à-vis des agriculteurs de l'UE », a-t-il souligné. Les agriculteurs de l'UE demandent donc à la Commission de revoir sa position en matière de taxes pour protéger l'industrie européenne des fertilisants. (Lionel Changeur)

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